Le moteur libre Stockfish a remporté la sixième édition du Thoresen Chess Engine Competition (TCEC), après avoir vaincu en finale le moteur commercial Komodo.

L'occasion de se remémorer que le joueur cubain José Raúl Capablanca racontait souvent l'histoire suivante à ses amis.

« Un jour je disputais un tournoi en Allemagne quand un homme s'est approché de moi. Je pensais qu'il voulait simplement un autographe et j'ai commencé à sortir mon stylo, mais l'homme m'a regardé et m'a dit : "J'ai résolu le jeu d'échecs." J'ai promptement reculé, au cas où l'homme eût été dangereux en plus d'être fou, mais il continuait : "Je vous parie 50 marks que si vous venez dans ma chambre d'hôtel je pourrai vous le prouver." Bon, 50 marks sont 50 marks, donc j'ai souri au monsieur et l'ai accompagné jusqu'à sa chambre. »

« Là-bas, nous nous sommes installés devant son échiquier. "J'ai tout calculé, les blancs gagnent en 12 coups dans tous les cas.", a-t-il déclaré. J'ai joué avec les noirs, peut-être avec un peu d'inattention car je me suis rendu compte au bout d'un moment que les pièces blanches étaient mystérieusement coordonnées, et que j'allais être maté au 12e coup !  »

« Nous avons rejoué, et j'ai débuté par une ouverture complètement différente qui ne pouvait pas résulter dans une position similaire, mais après une série de mouvements bizarres, mon roi s'est retrouvé assiégé, avec mat à suivre au 12e coup. J'ai alors demandé à l'homme d'attendre quelques instants et je suis descendu chercher Emanuel Lasker, qui fut champion du monde avant moi. Il était extrêmement sceptique, mais il a accepté de venir et de jouer. En chemin nous avons récupéré Alexandre Alekhine[1], qui était le champion du monde actuel, et nous sommes allés tous les trois à la chambre. »

« Lasker n'a pas attaqué, il a joué aussi prudemment que possible, et pourtant après quelques manoeuvres en apparence insensées, il s'est retrouvé piégé dans un schéma fatal d'où il ne pouvait s'échapper. Alekhine a également joué sa chance, mais pour le même résultat. »

« C'était horrible. Nous étions là, les meilleurs joueurs de l'histoire, qui avions consacré nos vies à ce jeu, et c'était fini ! Les tournois, les matches, tout... le jeu était résolu, les blancs gagnent. »

À ce moment du récit, un ami de Capablanca l'interrompait en demandant : « Une minute, je n'ai jamais entendu parler de cette histoire... Qu'est-il devenu, ce monsieur ? »

« Pourquoi cette question... nous l'avons tué évidemment. »

Note

[1] Le capitaine de l'équipe de France aux Olympiades d'Argentine.