Radjaïdjah Blog

Mot-clé - échecs

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 17 décembre 2020

A bishop walks into a bar

and walks straight up to the bartender who shouts, “Hey pal! You can’t do that! Bishops can only move diagonally!"

For The Queen's Gambit fans, here is a recent game: Daniil Dubov vs Sergei Karjakin, Russian Championship Superfinal 2020, commented by agadmator.


1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bc4 Bc5 4. c3 Nf6 5. d4 exd4 6. b4 Bb6 7. e5 Ne4 8. Bd5 Nxc3 9. Nxc3 dxc3 10. Bg5 Ne7 11. O-O h6 12. Bh4 O-O 13. Re1 Qe8 14. Bb3 a5 15. Bf6 a4 16. Bc4 Ng6 17. Qd3 d5 18. exd6 Be6 19. Qxg6 fxg6 20. Rxe6 Qf7 21. Bxc3 Kh8 22. Re4 Qf5 23. Re7 Rg8 24. Bxg8 Rxg8 25. dxc7 Qc2 26. Be5 Bxf2+ 27. Kh1 Bb6 28. h3 Kh7 29. Re1 a3 30. Kh2 g5 31. Nd4 Qc4 32. Nf5 Qxb4 33. Rc1 Kg6 34. Rxg7+ Kxf5 35. Rxg8 Bxc7 36. Bxc7 Qb2 37. Rc5+ Ke4 38. Rd8 1-0

mardi 19 mai 2020

Propédeutique des échecs conversationnels

La finale 2020 du tournoi échiquéen "Banter blitz Cup" opposant l'iranien Alireza Firouzja (16 ans) au norvégien Magnus Carlsen (meilleur joueur de tous les temps), en ligne -C19 oblige-, signale peut-être l'avènement de nouvelles méthodes d'enseignement.

Le principe du "banter blitz" étant non pas de jouer à la parlante comme à la belote face à ses adversaires, mais de réfléchir à haute voix en streaming.

Le blog Echecs 64 souligne : Le plus génial dans ce match, c’est que l’on pouvait suivre le processus de pensée des champions. (...) Carlsen et Firouzja commentaient leurs parties en 3 min ! Fabuleux. On voit comment les champions raisonnent, à quelle vitesse ils calculent et surtout leurs incertitudes. La plupart du temps, dans certaines positions, « ils ne savent pas » si c’est avantageux. En revanche, ils savent éliminer les coups ou « n’aiment pas » certaines positions coups.

Cadeau : lien pour (re-)voir les parties avec commentaires simultanés :

Finale 2020 Firouzja vs Carlsen

Cette approche ouverte de diffusion de tournois, inspirée des jeux vidéos, a probablement d'autres horizons pédagogiques que les échecs.

jeudi 2 avril 2020

La légende de Sissa

Comme il faut bien se détendre un peu, une courte histoire qui n'a rien à voir avec le Coronavirus, la Légende de Sissa. Elle a été écrite autour des années 1250 par Ibn Khallikan, un historien kurde qui vivait au sein de l'Empire Abbasside (aujourd'hui Irak).

À l'époque, le roi d'Inde, Shihram, était un sombre tyran qui opprimait constamment ses pauvres sujets. Or, l'un d'entre eux, Sissa fils de Dahir, inventa le jeu d'échecs pour le roi, dans le but de lui montrer qu'il avait besoin des autres pour le protéger et qu'il était donc important de prendre soin de tous ses sujets.

Le roi Shihram était si impressionné qu'il ordonna que le jeu d'échecs devait être conservé dans les plus grands Temples en tant que bijou national et merveille du monde, et enseigné partout. En particulier, c'était un excellent moyen d'entraîner les généraux à l'art de la guerre.

Le roi demanda à Sissa si celui-ci désirait une récompense pour cette fantastique invention. La légende dit que le sage Sissa déclina poliment, mais le roi insista.

Sissa apporta donc un échiquier vide et demanda au roi de déposer un grain de riz sur la première case, deux grains de riz sur la suivante, puis quatre sur la suivante, et ainsi de suite en doublant le nombre de grains de riz à chaque nouvelle case, jusqu'à avoir parcouru toutes les cases de l'échiquier. Le roi, surpris par la modestie apparente du cadeau demandé, donna immédiatement son accord tout en commentant qu'il aurait personnellement demandé bien plus. Il ordonna à ses esclaves d'apporter le riz nécessaire.

Tout se passa bien au début, toutefois le roi et ses conseillers furent surpris de voir qu'arrivés à la moitié de l'échiquier, la trente deuxième case demandait plus de quatre milliards de grains de riz, soit environ cent mille kilos. Le cadeau n'était donc pas si modeste, et Sissa semblait moins stupide. Un peu plus tard, le conseiller principal du roi lui expliqua que l'ensemble des récoltes de l'année et de toutes les années précédentes ne suffiraient pas à payer la récompense de Sissa[1].

Note

[1] On pourrait nommer nombre de Sissa (Sissa number) le nombre de grains de riz requis, soit \( 1+2+4+...+2^{63} = \sum_{k=0}^{63} 2^{k} = 2^{64}-1 \).

mercredi 14 août 2019

Échecs digitaux

Alors que vous êtes sur le point d'accomplir votre quête, vous remarquez devant vous une fleur.

Sans détour, celle-ci se transforme en Sorcière.

Pour la vaincre, il va falloir la battre au jeu des doigts (aka échecs digitaux).

Vous placez tous les deux les mains devant vous avec les index tendus. Vous gardez les deux mains à plat et tendues afin que vous puissiez voir le nombre de doigts que chacun tend pendant le reste de la partie.

À chaque tour, un joueur utilisera une main pour taper la main de son adversaire. Celui dont c'est le tour tape une main de son adversaire avec l'une de ses propres mains. L'adversaire ajoute alors au nombre de ses doigts tendus le nombre de doigts tendus du joueur, modulo 5 (si le résultat est 5 ou plus alors on enlève 5).

Par exemple, si vous tapez la main droite de la Sorcière alors que vous avez un doigt tendu et qu'elle en a deux de tendus (sur sa main droite) elle ajoutera alors un doigt sur la main tapée, donc elle aura trois doigts tendus à cette main. Au tour suivant, si elle utilise la main avec trois doigts tendus pour taper votre main qui n'a qu'un doigt tendu, vous devrez maintenant tendre 4 doigts, le doigt tendu de départ plus les trois doigts ajoutés par la Sorcière.

Le but est de continuer de jouer et d'ajouter des doigts aux mains de l'adversaire en les tapant. Lorsqu'un joueur doit tendre exactement cinq doigts d'une main, soit zéro, on considère que sa main est « morte ».

À la place de taper la main de l'adversaire, il est alternativement possible de faire un transfert interne, c'est-à-dire te taper ses deux mains l'une contre l'autre et de redistribuer les doigts de façon que le nombre total de doigts ne change pas. Cette opération n'est valide que si la répartition des doigts est différente après le transfert. Ainsi il est possible de transférer quatre doigts vers une main morte résultant en deux doigts à chaque main. Mais transférer tous les doigts à la main morte n'est pas possible car la répartition finale reste inchangée (quatre doigts à une main et zéro à l'autre).

La Sorcière, du nom de Miss Carabisse Carabosse Soldat, vous laisse le choix de commencer, ou pas. Que devez-vous décider ?

Source : Comment jouer au jeu des doigts. Le « jeu des doigts » est un jeu de stratégie qu'il utilise les règles de base des mathématiques. Il tient ses racines du Japon et il est aussi connu dans le monde sous le nom de « Chopsticks », « Finger Chess », « Swords », « Split », « Magic Fingers », « Chinese Fingers », « Cherries », « Sticks » et « Twiddly Dinks ». Bien qu'il existe de nombreuses variantes aux règles et de noms différents, le principe général et l'esprit du jeu restent les mêmes.

lundi 18 septembre 2017

Coupe du Monde Tbilissi 2017

Le Radjaïdjah Blog souhaite bon courage au joueur d'échecs français Maxime Vachier-Lagrave, récent vainqueur de la Sinquefield Cup à Saint-Louis grâce à une victoire sur Ian Nepomniachtchi (commentateur de Anand vs Gelfand 2012). Après avoir vaincu Muhammad Khusenkhojaev (Tadjikistan), Boris Grachev (Fédération de Russie), Alexander Lenderman (USA), Alexander Grishuk (Fédération de Russie), et Peter Svidler (Fédération de Russie), MVL (pour les intimes) affronte ce mardi l'Arménien Levon Aronian en demi-finale de la Coupe du Monde d'échecs 2017, qui a lieu à Tbilissi, Géorgie. Le vainqueur jouera en finale le gagnant de l'autre demi-finale opposant Wesley So (USA) et Liren Ding (Chine). Les deux finalistes seront qualifiés pour le tournoi des candidats dont le vainqueur sera le challenger qui affrontera le champion du monde en titre Magnus Carlsen (Norvège).

vendredi 2 juin 2017

Top 10 Columbo

Quand le howcatchem rencontre le whodunit, pour ce week-end prolongé, voici la liste très subjective des 10 meilleurs épisodes de la série Columbo.

Le lieutenant Columbo est interprété par Peter Falk, qui s'autoparodie dans Murder by Death, cf un article sur 5 films concernant les maisons hantées.

(Le pire épisode étant : Last Salute to the Commodore (La Montre Témoin, 1976), assez incompréhensible.)

10. Murder Under Glass (Un meurtre à la carte, 1978)

9. Swan Song (Le Chant du Cygne, 1974)

8. The Most Dangerous Match (Match dangereux, 1973)

7. Rest in Peace, Mrs. Columbo (L’Enterrement de Madame Columbo, 1990)

6. Death Hits the Jackpot (Meurtre au champagne, 1991)

5. Requiem for a Falling Star (Requiem pour une star, 1972)

4. Now You See Him... (Tout n’est qu’illusion, 1976)

3. Prescription: Murder (Inculpé de Meurtre, 1968)

2. Any Old Port in a Storm (Quand le vin est tiré, 1973)

1. A Friend in Deed (En toute amitié, 1974)

vendredi 14 août 2015

Mutex

Les blancs jouent et gagnent en 2 coups.

mutex.png

Si vous ne trouvez pas rapidement, on ne vous jettera pas la pierre.

Solution Solution

0-0-0 Rf8 Td8#

vendredi 20 mars 2015

Le Noble Jeu

Comment rendre visuellement intéressant des jeunes assis à une table, qui bougent très peu et ne se parlent même pas?

Le défi a été de rendre un championnat d’échecs palpitant, retranscrire l’excitation des joueurs dans mon film. La clé a peut être été dans la façon de filmer les visages des joueurs en train de réfléchir. Ils ne bougent quasiment pas mais à l’image du poker, ils se trahissent par leur langage corporel.

Un documentaire visionnable sur le site de son créateur Romain Menu.

source : Europe Echecs

lundi 22 décembre 2014

Sapin échiquéen

Pour Noël, voilà un très beau problème d'échecs où les pièces forment un sapin. La position est légale, après promotion de 5 fous et d'un cavalier noirs.

echecs-sapin.png

Les noirs jouent et aident les blancs à mater le roi noir (en six coups).

(source : Echecs 64)

jeudi 29 mai 2014

Le jeu d'échecs résolu

Le moteur libre Stockfish a remporté la sixième édition du Thoresen Chess Engine Competition (TCEC), après avoir vaincu en finale le moteur commercial Komodo.

L'occasion de se remémorer que le joueur cubain José Raúl Capablanca racontait souvent l'histoire suivante à ses amis.

« Un jour je disputais un tournoi en Allemagne quand un homme s'est approché de moi. Je pensais qu'il voulait simplement un autographe et j'ai commencé à sortir mon stylo, mais l'homme m'a regardé et m'a dit : "J'ai résolu le jeu d'échecs." J'ai promptement reculé, au cas où l'homme eût été dangereux en plus d'être fou, mais il continuait : "Je vous parie 50 marks que si vous venez dans ma chambre d'hôtel je pourrai vous le prouver." Bon, 50 marks sont 50 marks, donc j'ai souri au monsieur et l'ai accompagné jusqu'à sa chambre. »

« Là-bas, nous nous sommes installés devant son échiquier. "J'ai tout calculé, les blancs gagnent en 12 coups dans tous les cas.", a-t-il déclaré. J'ai joué avec les noirs, peut-être avec un peu d'inattention car je me suis rendu compte au bout d'un moment que les pièces blanches étaient mystérieusement coordonnées, et que j'allais être maté au 12e coup !  »

« Nous avons rejoué, et j'ai débuté par une ouverture complètement différente qui ne pouvait pas résulter dans une position similaire, mais après une série de mouvements bizarres, mon roi s'est retrouvé assiégé, avec mat à suivre au 12e coup. J'ai alors demandé à l'homme d'attendre quelques instants et je suis descendu chercher Emanuel Lasker, qui fut champion du monde avant moi. Il était extrêmement sceptique, mais il a accepté de venir et de jouer. En chemin nous avons récupéré Alexandre Alekhine[1], qui était le champion du monde actuel, et nous sommes allés tous les trois à la chambre. »

« Lasker n'a pas attaqué, il a joué aussi prudemment que possible, et pourtant après quelques manoeuvres en apparence insensées, il s'est retrouvé piégé dans un schéma fatal d'où il ne pouvait s'échapper. Alekhine a également joué sa chance, mais pour le même résultat. »

« C'était horrible. Nous étions là, les meilleurs joueurs de l'histoire, qui avions consacré nos vies à ce jeu, et c'était fini ! Les tournois, les matches, tout... le jeu était résolu, les blancs gagnent. »

À ce moment du récit, un ami de Capablanca l'interrompait en demandant : « Une minute, je n'ai jamais entendu parler de cette histoire... Qu'est-il devenu, ce monsieur ? »

« Pourquoi cette question... nous l'avons tué évidemment. »

Note

[1] Le capitaine de l'équipe de France aux Olympiades d'Argentine.

mardi 7 janvier 2014

La triche aux échecs

Une épreuve difficile que celle proposée par Gregory Conti et James Caroland à leurs élèves : restituer par écrit les cent premiers chiffres de pi, le rapport entre le périmètre d'un cercle et son diamètre (3,14159265...). La particularité de ce test est que les élèves avaient explicitement la possibilité de tricher et que la note attibuée reflèterait l'efficacité et l'originalité de la méthode employée, sur la base : pas vu, pas pris. La synthèse de cette expérience Embracing the Kobayashi Maru: Why You Should Teach Your Students to Cheat en recense certaines (antisèche cachée dans un faux livre ou une fausse canette, sur un ordinateur, réponse codée en mandarin...) qui le soulignent bien : tricher demande parfois de faire preuve de créativité.

C'est en pratique dans le domaine des échecs que ce constat a été illustré récemment. Tricher lors d'une partie, c'est jouer des coups que l'on n'a pas trouvés soi-même, mais par une entité extérieure (un autre joueur, ou un ordinateur[1]). Quelles que soient les motivations qui animent un tricheur, le phénomène est considéré comme un grave manquement à l'éthique du jeu et toute tentative avérée discrédite un joueur de façon quasi-irréversible (l'honneur c'est comme les allumettes...). Au-delà de cela, les deux exemples suivants démontrent une certaine créativité dans la mise en place de la triche.

Dans le premier cas, trois Français ont agi de concert pour tricher. Si on voulait romancer un peu la méthode déployée, il y aurait "l'analyste", "le messager", et "le joueur". Le joueur participe à un tournoi et dispute les parties. Le messager est présent dans la salle du tournoi, comme spectateur. Enfin, l'analyste est dans un endroit externe, avec un ordinateur. Il suit la partie du joueur sur internet, fait analyser les positions par un logiciel échiquéen (type Fritz, Shredder, Houdini, ou Rybka), et note le coup proposé par l'ordinateur, qui joue donc la même partie que le joueur. Il envoie ensuite le coup au messager par SMS, en le dissimulant dans un anodin numéro de téléphone (en cryptologie, on parlerait de stéganographie) : certains chiffres du numéro codent la notation internationale du coup à jouer. Le messager déchiffre le SMS et va signaler le coup à jouer au joueur en se plaçant à certains endroits prédéterminés de la salle pendant un certain temps. Le joueur repère alors les positions successives du messager, et joue le coup correspondant. L'adversaire réplique, la nouvelle position est aussitôt retransmise sur Internet, et l'analyste peut enchainer. En remplaçant le joueur par un enfant de dix ans, on assisterait à la démonstration d'un prodige.

(source)

Dans le second cas, il s'agit d'un joueur bulgare qui agit sans complice ; le joueur a un ordinateur miniature (type smartphone) muni d'un logiciel d'analyse dans sa chaussure et communique avec à l'aide de ses orteils. Peut-être une inspiration de la nouvelle Nora says "Check" de Martin Gardner ? Bien que la triche n'ait pas été formellement avérée, il existe un faisceau de présomptions assez impressionnant, basées sur le comportement du joueur durant certains tournois, et, plus intéressant, sur ses performances et sur les coups qu'il a joués. En effet d'une part les résultats enregistrés lors de ces tournois constituaient une aberration statistique en regard des performances attendues en vertu du classement ELO, d'autre part de très fortes corrélations ont été relevées entre les choix du joueur et les coups proposés par un ordinateur disputant la même partie. Il faut en effet savoir que, les ordinateurs basant leurs choix sur le calcul pur et les humains donnant une part plus importante à l'intuition, dans une même position ils ont tendance à jouer des coups différents. Ce qui a amené un M. Regan à proposer une sorte de test de Turing échiquéen[2] indiquant, au vu de ses coups, à quel point un joueur est susceptible d'être un ordinateur. Ce même type de méthodes est utilisé sur certains sites d'échecs en ligne pour détecter les internautes utilisant un programme pour jouer à leur place.

(source)

Complément : A history of cheating in chess, en 4 parties. 1 raconte l'histoire d'une feinte et un épisode de vraie triche, 2 parle du Turc mécanique et de l'avènement des ordinateurs aux échecs, 3 évoque l'Allemand Allwermann qui préfigure le second cas ci-dessus, et enfin 4, à partir de deux anecdotes sur un apport minimal d'information externe, envisage les performances d'un duo homme-machine (ce que Kasparov appelle advanced chess).

Bonus : Major Fraud, un reportage sur des tricheurs en carton au jeu télévisé Who wants to be a Millionaire (épisode qui a peut-être inspiré le film Slumdog Millionnaire).

En conclusion, il n'y a pas de conclusion. Bonne année 2014 !

Notes

[1] Les ordinateurs sont aujourd'hui meilleurs que les humains aux échecs. Sauf peut-être en chessboxing, si on commence par la boxe.

[2] Une illustration de la logique sous-jacente est apportée par la parabole du golfeur.

vendredi 22 novembre 2013

Le parfum de la dame en noir (II)

Un an et demi après son match contre Boris Gelfand, Viswanathan Anand remet son titre de champion du monde des échecs en jeu face au vainqueur du tournoi des candidats et numéro un mondial au classement ELO, le Norvégien Magnus Carlsen.

Lors de la neuvième partie, alors qu'il est mené par deux victoires à zéro (5-3 au score, le premier à 6,5 points remporte le titre), l'Indien est au pied du mur. Il doit prendre l'initiative pour créer une faille chez son adversaire.

La suite ici puis .

mardi 3 septembre 2013

Keep on playin

Lors de la coupe du monde d'échecs 2013 ayant eu lieu en août à Tromsø (Norvège) a eu lieu une partie intéressante entre le Russe Alexander Morozevich et l'Ukrainien Evgeny Tomashevsky.

Contexte : c'est le quatrième tour, les deux adversaires se sont neutralisés sur les deux parties lentes, pour les départager a lieu un tie-break ; une confrontation de deux parties rapides (10 mn par personne + 20 s à chaque coup), et «Moro» vient de remporter la première. Un match nul lui suffit pour se qualifier.

La suite, à 2:35:35 sur la retransmission offerte par les organisateurs (il est également possible de télécharger le mp4).

lundi 18 février 2013

McDo cacher

Les lois juives sur la nourriture, la cacherout interdisent de mélanger le lait et la viande. En conséquence, en supposant que le fromage est fait à partir de lait et le steak à partir de viande, il n'existe pas de cheeseburger ou de BigMac cacher. Et pourtant, McDonald's, la célèbre compagnie immobilière[1], a ouvert des franchises cachères, où le fromage est remplacé par des substituts non lactés. Tous ces restaurants se trouvent en Israël, comme on peut s'y attendre, sauf un.

Où est donc le seul McDonald's cacher hors Israël ? A New York ? À Paris ? Réponse : à Buenos Aires, en Argentine. Pourquoi là-bas ?

Une explication probablement incorrecte mais néanmoins sympathique est la suivante.

Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahissait la Pologne, marquant le début de la seconde guerre mondiale. Le même jour, ces deux nations devaient s'opposer en Argentine, à l'occasion de la phase finale de la huitième édition des olympiades d'échecs. Trois ans après les jeux olympiques de Berlin, cette édition se jouait en Argentine, car le climat politique était particulièrement tendu en Europe à l'aube de la guerre.

Environ 135 joueurs d'échecs de 27 pays s'affrontèrent lors de cette compétition qui débuta le 21 août 1939. Après une semaine d'éliminatoires ne restaient plus en lice que 16 pays ; la phase finale débuta le 1er septembre, date de l'invasion allemande. Pour la plupart des joueurs les victoires étaient une maigre consolation alors que leur pays entrait en guerre. Ainsi les Britanniques furent rappelés sur-le-champ, et trois membres de l'équipe rejoignirent Bletchley Park, le service de cryptanalyse des forces alliées, dont l'action fut décisive sur l'issue du conflit. Les autres équipes restèrent sur place, et alors que le tirage au sort avait désigné que l'Allemagne devrait affronter la France et la Pologne, les organisateurs, conscients de la délicatesse de la situation, déclarèrent de nombreux matches nuls d'office. Finalement, les Allemands gagnèrent (dans la tradition footballistique[2]), les Polonais (menés par Xavier Tartakover) finirent deuxièmes, et les Français (menés par Alexandre Alekhine) dixièmes.

Après le tournoi, 23 joueurs qui devaient rentrer en Europe, dont deux femmes qui avaient pris part à l'édition féminine des olympiades, décidèrent de rester en Amérique du Sud. La plupart d'entre eux étaient juifs, et leur retour était quasi-synonyme de déportation dans les camps de concentration ; ils étaient venus en Argentine sur le même bateau belge, le Piriapolis, qui fut considéré comme l'Arche de Noé de toute une génération de joueurs d'échecs.

Comme conséquence, le savoir échiquéen mondial fut fortement concentré en Argentine pendant la guerre, et l'Argentine, qui n'avait jamais fini sur le podium des olympiades jusque-là, l'atteignit sur cinq des six éditions qui suivirent, de 1950 à 1962.

Peut-être est-ce pour cette raison qu'il y a un McDonald's cacher à Buenos Aires.

Sources : 1, 2, 3.

Notes

[1] Pour ceux qui pensent que McDonald's est une entreprise de restauration, rappelons que la majorité de son chiffre d'affaire provient de la location des locaux pour ses franchises.

[2] Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c'est toujours l'Allemagne qui gagne. Gary Lineker

jeudi 15 novembre 2012

Can one grow intuition?

This is the 100th entry on the blog! Cheers!

After the 2012 US elections, statistician Nate Silver has known his fifteen minutes of fame when it appeared that his predictions regarding the results had been fulfilled despite the strong opposition by a good number of opponents.

Now, the same Nate Silver had previously authored The Signal and the Noise - Why so many predictions fail, but some don't, where he reports an anecdote about the 1997 Kasparov vs Deep Blue match (mentioned in the entry about the future of information science).

Nevertheless, there were some bugs in Deep Blue’s inventory: not many, but a few. Toward the end of my interview with him, [Murray] Campbell somewhat mischievously referred to an incident that had occurred toward the end of the first game in their 1997 match with Kasparov. “A bug occurred in the game and it may have made Kasparov misunderstand the capabilities of Deep Blue,” Campbell told me. “He didn’t come up with the theory that the move it played was a bug.” The bug had arisen on the forty-fourth move of their first game against Kasparov; unable to select a move, the program had defaulted to a last-resort fail-safe in which it picked a play completely at random. (...) Kasparov had concluded that the counterintuitive play must be a sign of superior intelligence. He had never considered that it was simply a bug.

Years later, at a authors@google talk interesting to have a look at in its entirety, Garry Kasparov (whose famous game against Topalov can be seen here) is asked if he relies on intuition to make decisions in chess[1]. His answer:

It's the most valuable quality of a human being in my view. Yeah, it's probably... we live at a time when we just want to touch something before we can make our opinion about the subject. I believe that intuition is like any other muscle. So, like people know that if you go to the gym you improve your physical conditions, they know that for training memory, there're also exercises, but intuition is the same. So you have to learn how to trust your intuition. My view is that we similarly undermine the importance of intuition because intuition means taking too much risk. And we, whether we like it or not, we live in a risk adverse culture. And intuitive decision very often cannot be explained into terms that should be required by corporate cullture or by your other family members. So, in my view, by adding this quality of intuition to the decision-making process, we can dramatically improve the results.

"Can intuition be developed?" is half-counter-intuitive, so to say, in the sense that people who have good intuition will say "yes", and people who have a bad intuition will say "no". Still, anyone can observe that a common quality shared by the chess player Bobby Fischer (evoked in the movie Searching for Bobby Fischer), and the poker player Stu Ungar[2] (whose life is narrated in High Roller: The Stu Ungar Story) is that both had a very powerful intuition. Everyone can draw his own conclusions.

Notes

[1] The next question in the talk is about the importance of psychology. From Kasparov's answer: "It could actually work in a very strange way when you're facing the computer because many computers, even today, have their own strengths and own weaknesses. And if you can understand so it may help you to design the game which will be the most unpleasant for certain computer. Because it's actually machine, it might sound very odd, but machine definitely has a "personality" and it very much depends on the people behind the computer. So, some of the machines are playing more aggressive chess; some play less aggressive chess. And again, I don't know whether it's an irony or not, but the Israeli-made computers are more aggressive than the German-made computers."

[2] Stu Ungar, jewish, clever, lover of poker, died of a heart failure due to his excesses.

vendredi 27 juillet 2012

Parties parallèles

Les parties simultanées forment une facette très populaires des échecs. Lors de tels événement, un joueur affronte plusieurs adversaires (généralement des enfants) en parallèle. Certains joueurs se sont faits spécialistes de telles confrontations dont le public, invité ainsi à participer, est très friand.
Comment font-ils ? Dans la vidéo ci-dessous, l'illusionniste Derren Brown, un des plus doués de sa génération, parvient à remporter un match face à neuf Grands Maîtres.

lundi 21 mai 2012

Le parfum de la dame en noir

La finale du championnat du monde des échecs organisé par la FIDE oppose cette année l'Indien Viswanathan Anand (Vishy pour les intimes), champion en titre, et l'Israélien Boris Gelfand, challenger. Le match se déroule en 12 parties dans la prestigieuse galerie Tretakiov, à Moscou. Les organisateurs russes ont fait les choses en grand avec la diffusion sur internet de la rencontre en haute définition, commentée par des grands maîtres internationaux.

Les six premières parties ont chacune abouti à un match nul menant à un scrore de parité 3-3, et d'aucuns, comme Garry Kasparov, commençaient à trouver cela ennuyeux. Mais lors de la septième partie, Boris Gelfand a su tirer profit d'une petite erreur d'Anand, et grâce à une continuation aussi impeccable qu'implacable, il a pu remporter sa première victoire en mode classique sur l'Indien depuis 1993, ce qui lançait le match.

Aujourd'hui la réaction d'Anand était donc très attendue. Ceux d'entre vous n'ayant pas peur de voir ce que peut être la retransmission d'une partie d'échecs en direct[1] ne seront pas déçus par cette huitième confrontation, agrémentée des explications éclairantes de Peter Leko (numéro un hongrois) et Ian Nepomniachtchi (champion d'Europe 2010). Pour les plus pressés, les moments les plus intéressants commencent à 16:41.

Il est assez amusant de comparer les commentaires en direct et les analyses a posteriori[2]. Les experts (fort bons par ailleurs) n'ont ainsi pas du tout anticipé la tournure finale de la partie, alors que les dissections à froid (comme ici ou ) ne se privent pas d'expliquer que celle-ci était évidente.

Le prochain duel aura lieu mercredi.

1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. f3 c5 4. d5 d6 5. e4 Fg7 6. Ce2 O-O 7. Cec3 Ch5 8. Fg5 Ff6 9. Fxf6 exf6 10. Dd2 f5 11. exf5 Fxf5 12. g4 Te8+ 13. Rd1 Fxb1 14. Txb1 Df6 15. gxh5 Dxf3+ 16. Rc2 Dxh1 17. Df2 1-0

Notes

[1] Pour un peu plus d'action, il y a aussi les Blitz Anand vs Kasparov Genève 1996 ou Morozevich vs Anand Moscou 1995.

[2] Concernant cette partie on pourrait presque parler d'analyse post-mortem.

lundi 23 avril 2012

Deuxième tour

Élections ? Non, Maróczy vs Tartakover, Teplitz-Schönau, 1922.

1. d4 e6 2. c4 f5 3. Cc3 Cf6 4. a3 Fe7 5. e3 O-O 6. Fd3 d5 7. Cf3 c6 8. O-O Ce4 9. Dc2 Fd6 10. b3 Cd7 11. Fb2 Tf6 12. Tfe1 Th6 13. g3 Df6 14. Ff1 g5 15. Tad1 g4 16. Cxe4 fxe4 17. Cd2 Txh2 18. Rxh2 Dxf2+ 19. Rh1 Cf6 20. Te2 Dxg3 21. Cb1 Ch5 22. Dd2 Fd7 23. Tf2 Dh4+ 24. Rg1 Fg3 25. Fc3 Fxf2+ 26. Dxf2 g3 27. Dg2 Tf8 28. Fe1 Txf1+ 29. Rxf1 e5 30. Rg1 Fg4 31. Fxg3 Cxg3 32. Te1 Cf5 33. Df2 Dg5 34. dxe5 Ff3+ 35. Rf1 Cg3+ 0-1

La tactique consiste à savoir ce qu'il faut faire quand il y a quelque chose à faire. La stratégie consiste à savoir ce qu'il faut faire quand il n'y a rien à faire.

Xavier Tartakover

Ne jouez donc aux échecs que pour vous distraire ; c'est le plus beau des jeux, mais c'est un jeu. Ses lauriers sont trompeurs, son ambition est maladive.

Xavier Tartakover

mercredi 9 novembre 2011

Une pluie d'or

Dans cette partie jouée en 1912 entre Stefan Levitsky (RUS) et Frank James Marshall (USA) à Wrocław en Pologne, Marshall voit sa dame attaquée et réplique avec un coup fulgurant, qui va provoquer l'abandon de Levitsky. Après la partie les spectateurs ont déversé des pièces d'or sur l'échiquier.

1. d4 e6 2. e4 d5 3. Cc3 c5 4. Cf3 Cc6 5. exd5 exd5 6. Fe2 Cf6 7. O-O Fe7 8. Fg5 O-O 9. dxc5 Fe6 10. Cd4 Fxc5 11. Cxe6 fxe6 12. Fg4 Dd6 13. Fh3 Tae8 14. Dd2 Fb4 15. Fxf6 Txf6 16. Tad1 Dc5 17. De2 Fxc3 18. bxc3 Dxc3 19. Txd5 Cd4 20. Dh5 Tef8 21. Te5 Th6 22. Dg5 Txh3 23. Tc5 Dg3 0-1

Si vous aimez les fins de partie un peu foudroyantes comme ça il y a (évidemment) un très bon blog sur le sujet : Les Rois Maudits.

lundi 31 octobre 2011

La partie du siècle

La partie du siècle (Game of the Century) opposa le grand maître Donald Byrne au jeune Bobby Fischer (13 ans), en 1956. Fischer offre sa dame en sacrifice. Byrne l'accepte, et va perdre.

1. Cf3 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 Fg7 4. d4 0-0 5. Ff4 d5 6. Db3 dxc4 7.Dxc4 c6 8. e4 Cbd7 9. Td1 Cb6 10. Dc5 Fg4 11. Fg5 Ca4 12. Da3 Cxc3 13. bxc3 Cxe4 14. Fxe7 Db6 15. Fc4 Cxc3! 16. Fc5 Tfe8+ 17. Rf1 Fe6 18. Fxb6 Fxc4+ 19. Rg1 Ce2+ 20. Rf1 Cxd4+ 21. Rg1 Ce2+ 22. Rf1 Cc3+ 23. Rg1 axb6 24. Db4 Ta4 25 Dxb6 Cxd1 26. h3 Txa2 27. Rh2 Cxf2 28. Te1 Txe1 29. Dd8+ Ff8 30. Cxe1 Fd5 31. Cf3 Ce4 32. Db8 b5 33. h4 h5 34. Ce5 Rg7 35. Rg1 Fc5+ 36. Rf1 Cg3+ 37. Re1 Fb4+ 38. Rd1 Fb3+ 39. Rc1 Ce2+ 40. Rb1 Cc3+ 41. Rc1 Tc2# 0-1

Moralité à méditer : les échecs ouvrent des portes.

mardi 4 octobre 2011

Un art, une science, un sport

L'amour ? Mais non, les échecs.

Les échecs peuvent même sauver la vie.

En attendant un film sur un champion d'échecs (par exemple un film de Christopher Nolan dont le titre serait "The Grandmaster" ou quelque chose de ce genre), voilà une partie entre Garry Kasparov (RUS) et Veselin Topalov (BUL) ayant eu lieu lors du tournoi de Wijk aan Zee en 1999. C'est la partie "immortelle" de Kasparov. Certains considèrent ce duel, un des plus commentés au monde, comme le plus beau de tous les temps.

1. e4 d6 2. d4 Cf6 3. Cc3 g6 4. Fe3 Fg7 5. Dd2 c6 6. f3 b5 7. Cge2 Cbd7 8. Fh6 Fxh6 9. Dxh6 Fb7 10. a3 e5 11. 0-0-0 De7 12. Rb1 a6 13. Cc1 0-0-0 14. Cb3 exd4 15. Txd4 c5 16. Td1 Cb6 17. g3 Rb8 18. Ca5 Fa8 19. Fh3 d5 20. Df4+ Ra7 21. The1 d4 22. Cd5 Cxd5 23. exd5 Dd6 24. Txd4 cxd4 25. Te7+ Rb6 26. Dxd4+ Rxa5 27. b4+ Ra4 28. Dc3 Dxd5 29. Ta7 Fb7 30. Txb7 Dc4 31. Dxf6 Rxa3 32. Dxa6+ Rxb4 33. c3+ Rxc3 34. Da1+ Rd2 35. Db2+ Rd1 36. Ff1 Td2 37. Td7 Txd7 38. Fxc4 bxc4 39. Dxh8 Td3 40. Da8 c3 41. Da4+ Re1 42. f4 f5 43. Rc1 Td2 44. Da7 1-0

Chess is everything - art, science, and sport.

Anatoly Karpov