Radjaïdjah Blog

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vendredi 23 juin 2017

Le Big Bang revisité

Faire sourire au sujet du Big Bang, ce n'est pas réservé qu'aux rabbins. Albert Meslay s'y est aussi attelé, rejoignant ainsi la liste des humoristes francophones recommandés par le Radjaïdjah Blog (1re liste, 2e liste).


Albert Meslay s'inscrit dans la continuité de Raymond Devos. Il a écrit et interprêté des séquences sur différents thèmes : le réchauffement climatique, la mort, la Suisse, le tourisme sexuel, l'alcool, et autres.

Vivement recommandé.

mardi 9 février 2016

Lift 2016

This week will take place the Lift16 conference in Geneva (see also last years' entries: Lift15, Lift 14).

Selected sessions:

Blockchain Technology Beyond Bitcoin - From art to science, law, politics and innovation, what unexpected and disruptive opportunities does the blockchain technology open? Since its open-source release in 2009, the blockchain has expanded from a public ledger recording money transactions for Bitcoin into an accountability system with features for performance, anonymity, storage and smart contracts. What lies beyond the distributed and trusted protocol that runs the most used decentralized cryptocurrency in the world? This session will explore the realm of possibility for the blockchain, beyond Bitcoin.

Enter the Anti-Disciplinary Space - Our world is complex. How are we to tackle problems that only get harder? Complex questions require the know-how from different fields, cultures and perspectives. We need to collaborate and experiment in-between and beyond set boundaries until new ideas emerge. Putting designers, artists, technologists, and researchers together in a ‘free space’ is a great start. Though, we need people who do not fit in any box - strange animals if you will - who are able to change the way we look at things. Who are these adventurers who challenge our concepts of creation and what can we learn from them?

Selected breakouts:

Deep Dive into the Blockchain - During this two-hour hype-free workshop, experts will take you through the pros and cons of the blockchain, and demystify how this technology actually works, before digging into how smart contracts will eventually be enforced in the physical world. Keeping the techno-jargon to a minimum, Clement Epie and Stephan Tual will take you through the advantages of Blockchain over existing technologies, what could potentially be replaced by blockchains, its future prospects and market impact as well as which industries could be disrupted first. Following up will be Christoph and Simon Jentzsch going into how exactly the Blockchain functions, how to write smart contracts, as well as give you an overview of the various tools available today to build on top of Blockchain technology. We will keep a pragmatic approach, covering for example how you could use the Blockchain to directly rent your apartment or office space, without third parties. Finally we'll have an extensive Q&A exploring the pros and cons of this new technology, where it makes sense to use blockchain, where it doesn't, and touch on questions of standardisation, regulations and what could bring blockchain to the mainstream.

Sustainable By Design: implementing new performance metrics for innovative projects and enterprises? - How to reorient corporate activity and innovation towards sustainability? Can we natively measure financial performance together with environmental performance? What new, accessible and common indicators, accounting methods and tools, and reporting mechanisms can we design to help in that process? This workshop, co-designed by the Transitions2 network and the MIT Climate CoLab, invites participants who believe that environmental and economic performance should now be measured simultaneously and given a similar importance - and are interested in discussing how this could be achieved in real life. Its concrete outcome could be the launch of one of the Climate CoLab's "contests", harnessing the collective intelligence of thousands of people from all around the world to create, analyze, and select detailed proposals to make innovation "sustainable by design".

The Creative Power of IMPROV-Theatre! - IMPROV-Theatre is a fun way to boost your creativity by making full use of your body, voice, mind, soul and your emotions. IMPROV enables you to reach new levels of Out-of–the-Box ideas AND experiences by one simple rule: radical acceptance! There is no “NO”! EVERYTHING is allowed and expandable!. This workshop gives IMPROV-Newbies a chance to learn a whole set of practical techniques and exercises which provide for exciting and creative trips into a world of instantaneous new stories, amazing plots and pure playful joy. And also experienced IMPROV players might learn a few new tricks. Enjoy a fresh unobstructed view on multiple realities. Fun guaranteed!

Bringing Narrative into Science Education with Virtual Reality - Dive deep into the field of Science Storytelling with Neal Hartman and several participants of the Storytelling Science VR Hackathon, recently organized by CineGlobe in partnership with Festival Tous Ecrans and supported by the Lift. Behind all good communication, and therefore education, lies good storytelling; this workshop will show how this rule applies to science as well, and give examples of great science storytelling projects. Hear from participants of the VR Hackathon how they approached the challenge of bringing narrative into education of a scientific nature, and then brainstorm your own science-education narratives in groups guided by the creators. The workshop will also discuss some of the ins and outs of making VR projects for immersive headsets like the Oculus Rift.

See you there!

lundi 16 septembre 2013

Open Knowledge conference

The open knowledge conference 2013 (OKcon) holds from Monday to Wednesday in Geneva.

A lot of openness in the covered topics:

lundi 31 décembre 2012

La croissance de la décroissance

Le mois dernier Paul Ariès était invité à parler de décroissance, par ailleurs un des thèmes du GIMUN de cette année. Sur le fond c'était assez clair, sur la forme il est possible que le « compte-rendu » qui suit paraisse un peu désordonné et confus.

Selon Ariès, la nécessité d'une politique de décroissance (sous-entendu: de l'activité économique) provient des deux considérations suivantes :

  • Si les 7 milliards humains vivaient comme les Européens il faudrait 3 planètes pour les supporter (7 s'ils vivaient comme les Américains).
  • Il est moralement injuste que certaines catégories vivent bien mieux que d'autres[1] (ce qui est bien sûr contesté par les tenants du libéralisme).

Muni de son nouveau livre Le socialisme gourmand, Paul Ariès appelle à rompre avec le capitalisme, système « diablement efficace ». Le capitalisme serait en effet un système à la fois :

  • exploitant le travail et pillant les ressources
  • intrinsèquement productiviste, impensable sans croissance
  • imposant des styles de vie et des modes de vie

Selon le gouvernement socialiste actuel, il n'y a pas de solution aux inégalités sans croissance. Il apparaît ainsi que la gauche est divisée en deux catégories : la gauche productiviste (au pouvoir), et la gauche antiproductiviste (qui résiste au progrès[2]).

Paul Ariès fait partie ce cette dernière, dans la tradition des paysans qui s'opposaient au glânage, des ouvriers qui cassaient les machines, de Lafargue, de Fourier, des milieux libertaires, et de certains syndicalistes, et à l'opposé des pessimistes à l'image de l'école de Francfort, où les milieux populaires étaient perdus car perdus dans le milieu de la consommation.

La décroissance que défend Paul Ariès n'est pas celle du journal La Décroissance, synonyme d'austérité, de « décroissance de droite », malthusienne, mais plutôt d'une décroissance « intelligente ». Il y a de nombreuses directions pour aller dans la direction d'une décroissance raisonnable, telles que la lutte contre obsolescence programmée et contre le gaspillage : (un produit fini représente 4% des ressources mises en oeuvre pour sa fabrication). Surtout, la planète est assez riche pour passer à ce que les Amérindiens appellent le buen vivir. Il faudrait 40 milliards de dollars pour régler le problème de la sous-nutrition dans le monde (comme le souligne d'ailleurs Jean Ziegler dans le film We feed the world) et 60 milliards pour régler celui de la pauvreté, soit moins de 0.2% du PIB mondial. En même temps, le budget annuel mondial de l'armement est de 1000 milliards de dollars, celui de la publicité est de 900 milliards de dollars, et le produit international criminel (PIC) est estimé également à 1000 milliards.

Il y a ainsi deux concepts clefs dans la « bonne voie » envisagée : redistribution différente et décroissance intelligente. Et y parvenir demanderait un peu de psychologie, car on ne changera pas le monde en culpabilisant ni en faisant appel aux responsabilités mais en suscitant le désir. Le désir, essentiellement, de trois choses[3] :

  1. Le développement de l'économie sociale et solidaire, qui représente aujourd'hui environ 10% de l'économie en France, et a constitué un des secteurs qui a le mieux résisté à la crise[4].
  2. L'extension de la sphère de la gratuité qui passe par un nécessaire développement d'une culture de la gratuité[5] (un thème cher aux partis pirates).
  3. Le développement de la désobéissance à la croissance. Paul Ariès rêve d'une gauche objectrice de croissance tout en évoquant un forum national de la désobéissance multipliant les appels à la désobéissance civile, professionnelle, et institutionnelle.

Dès lors qu'on considère l'intérêt du plus grand nombre dans le cadre d'une « économie du bonheur », les étudent réfutent l'idée d'une corrélation entre pib et accès au bonheur mais trouvent en revanche un lien entre type de société et accès au bonheur. Ainsi Richard Wilkinson montre les conséquences négatives des inégalités économiques sur les sociétés. De plus, comme le capitalisme multiplie les individus superflus, un remède pour pallier ces inégalités serait le revenu minimum universel, éventuellement sous forme partiellement démonétarisée (eau, électricité).

En conclusion, peut-être qu'on ne pourra pas changer le monde mais rien ne nous interdit d'en construire un autre[6].

Notes

[1] Il y a une distribution des richesses à la Pareto : 20% des humains se partagent 80% des richesses mondiales. Plus précisément, un individu possédant au moins 5000€ de patrimoine serait dans le top 50% des humains en termes de richesse, dans le top 10% avec 37500€, et dans le top 1% avec 340000€. Voir aussi le site Slavery Footprint pour savoir combien d'esclaves travaillent pour vous.

[2] Paul Ariès semble opposé à certaines formes de progrès et considère assez sombrement les perspectives transhumanistes qui verraient passer l'homo sapiens au robot sapiens (Jacques Testard parle d'« humanité augmentée ») ou au soma sapiens (avec les technologues comme Anders Sandberg (à qui Ariès attribue bizarrement un prix Nobel) qui étudient les sentiments artificiels et l'ingénierie émotionnelle, des thèmes qui seront évoqués dans l'entrée à venir sur la reprogrammation du cerveau).

[3] Quatre, en fait, car on peut ajouter une nécessaire volonté de surcroît de démocratie (cf l'article de Georges Gurvitch Le principe démocratique et la démocratie future ainsi que l'entrée Démocratie et populisme).

[4] Ce secteur concerne essentiellement les classes moyennes et pauvres, qui évoluent. Lors du forum mondial sur la pauvreté organisé par Emmaüs, 2 constats se sont dégagés : d'une part, un pauvre n'est pas un riche sans argent, d'autre part, un naufragé ne pourra jamais retourner dans le système (et tant mieux). De plus, si le XXe siècle a en quelque sorte vu l'apparition des classes moyennes, le XXIe siècle serait plutôt sur la voie de la démoyennisation, ce qui est finalement une bonne chose si elle est à l'origine d'une remise en question du système dans son ensemble.

[5] Lors du forum national de la gratuité, ont été mentionnées des expérimentations sur gratuité de l'eau vitale, des transports en commun, des services funéraires. Paul Ariès récuse le principe d'une gratuité uniquement « pour les pauvres » et lui préfère celui de gratuité d'émancipation, telle que celle de l'école publique. Mais qu'en serait-il avec le logement, la santé, ou l'alimentation ? Il existe de facto un droit à l'expérimentation ; selon la constitution française, des villes peuvent expérimenter des politiques en dehors de la loi, et la gauche s'est en général trop refusée à expérimenter.

[6] On peut voir ça comme une variation du célèbre Si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?

jeudi 26 avril 2012

Education as a path to citizenship?

With their priviledged status, UN staff sometimes suffer from the stereotyped image of well-dressed penguins hanging around with a concerned face and doing nothing all day long like in Albert Cohen's novels. But sometimes, things are happening. This week-end, the Youth Perspectives pole of the GIMUN (Geneva International Model United Nations, kind of a UN "simulation") will hold a conference entitled Environmental issues in contemporary societies, composed of the following committees:

  1. Modern societies' weaknesses facing environmental catastrophes
  2. Degrowth: a solution to protect the environment?
  3. Protecting biodiversity: issues of urbanism
  4. Future of traditional knowledge: threats and solutions?

It's probably too late to apply, but don't hesitate to give a try if you're interested. It is the second edition of a Youth Perspectives conference; last year for the International Year of Youth the topic was Education in the 21st Century. The committees were at the time:

  1. Education - The Path to Citizenship
  2. Integration through Education
  3. Teachers and the Promotion of Gender Equality
  4. Universal Access to Higher Education

As one easily guesses from the blog, education is a stimulating topic, hence this brief essay and this laconic position paper were written to attend the conference in the first committee. As complements, a talk of Ken Robinson entitled Schools kill creativity, and a link to the Khan Academy.

The results? After some long exchanges on definitions and proposals, some insightful debates on the arcane differences between "informal" and "non-formal", and some subtle considerations regarding where to put commas, the "Education: a path to citizenship" committee produced the following document. Nevertheless it was an inspiring experience, an opportunity to play the devil's advocate and to observe that people who state that the next generation is moronic are just plain wrong.

In the end, after approval by vote (was harder for committee #4), all contributions from different committees were merged and synthesized, and a final statement was addressed to the Economic and Social Council (EcoSoc). Still wondering if the purpose of such meetings is to have real-life consequences or to share a UN-like moment. Probably the latter: it was a first-time experiment, and it worked, what's better than such human adventures?