Remember Begetting Maxwell's demon (2012) and The Art of Math (2020)?
This year, the 2024 Wright Conference (Nov 4th - Nov 8th) is all about Symmetry.
And here is the schedule.
mardi 5 novembre 2024
Par taz le mardi 5 novembre 2024, 19:00 - Science
Remember Begetting Maxwell's demon (2012) and The Art of Math (2020)?
This year, the 2024 Wright Conference (Nov 4th - Nov 8th) is all about Symmetry.
And here is the schedule.
mardi 30 janvier 2024
Par taz le mardi 30 janvier 2024, 19:00 - Minute confiture
In our world surrounded by chaos and disorder, randomness drives evolution. But is everything random? No, according to the Jewish tradition. For instance, the shapes of Hebraic letters aren’t random. Quite the opposite actually: letters have been carefully designed.
mardi 2 janvier 2024
Par taz le mardi 2 janvier 2024, 07:00 - Méta
Le Radjaïdjah Blog vous souhaite une excellente année \( \sum_{i=0}^{22} { \sum_{j=0}^{i} j } \) .
vendredi 21 octobre 2022
Par taz le vendredi 21 octobre 2022, 07:00 - Science
Le prix Nobel de physique 2022, décerné à Alain Aspect, John F. Clauser, et Anton Zeilinger, récompense les démonstrations expérimentales d'un concept inhérent à la mécanique quantique : la non-localité d'un état physique.
lundi 2 août 2021
Par taz le lundi 2 août 2021, 07:00 - Économie
With Decentralized Finance (DeFi) attracting more and more users as globalization of liquidity empowers protocols to offer higher returns than legacy (TradFi) finance, this draft describes a potential financial business "Hedged Yield Farming as a Service" whose aim is to offer profits to customers by investing funds into high-APY crypto pools or farms in a market-neutral way.
jeudi 4 février 2021
Par taz le jeudi 4 février 2021, 07:00 - Science
Today, the best thing to do is probably to (re-)study Galois theory.
Here is a great online Galois theory course by Richard E. Borcherds (Fields medal).
lundi 25 janvier 2021
Par taz le lundi 25 janvier 2021, 07:00 - Économie
Vous connaissez Ark Invest ? Ce fonds d'investissement spécialisé en innovation disruptive[1] a plusieurs composants : ARKK (innovation tech), ARKQ (robotique), ARKW (Internet), ARKG (génomique), et ARKF (fintech). Tout récemment, l'annonce par sa charismatique CEO Cathie Wood de la création future d'un nouveau fonds ARKX spécialisé dans l'exploration et la technologie spatiale a fait bondir le cours de l'action Virgin Galactic, la société du milliardaire Richard Branson spécialisée dans l'exploration spatiale humaine.
Or, ce qu'il y a de rigolo avec Virgin Galactic, c'est la manière originale avec laquelle cette boîte est entrée au New York Stock Exchange. En juillet 2019, alors entreprise non cotée en bourse, elle annonçait son intention de fusionner avec la société Social Capital Hedosophia de Chamath Palihapitiya (Chamath pour les intimes[2]). Trois mois plus tard l'accord était signé par les deux parties et voilà VIrgin Galactic était cotée, avec un joli symbole SPCE. Social Capital Hedosophia était un SPAC, de symbole IPOA.
Un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) est une société-coquille dont l'unique but est de lever des fonds afin de fusionner avec une entreprise. Investir dans un SPAC, c'est en quelque sorte donner quitus à ses dirigeants afin qu'ils trouvent une bonne entreprise avec qui fusionner. Acheter des parts d'un SPAC est donc une forme d'investissement par procuration.
Note : le Radjaïdjah Blog ne propose bien sûr pas de conseils financiers en quoi que ce soit.
[1] Ark Invest a aussi une unité de recherche ; ainsi en est-il pour ce rapport sur Bitcoin.
[2] Après l'accomplissement de son programme de 26 SPACs IPOA-IPOZ, on peut imaginer Chamath un jour à la Maison Blanche.
vendredi 1 janvier 2021
Par taz le vendredi 1 janvier 2021, 07:00 - Méta
Le Radjaïdjah Blog souhaite une très bonne année 2021 à tous ses lecteurs :)
mardi 10 novembre 2020
Par taz le mardi 10 novembre 2020, 07:00 - Science
Le colloque Wright pour la science 2020 était consacré cette année à l'art des mathématiques. À distance, C19 oblige.
Au programme :
Le chaos: imprévisible mais compréhensible (Etienne Ghys)
Il est inhabituel qu’une idée mathématique se diffuse dans la société. C’est pourtant le cas avec la théorie du chaos, popularisée grâce à l’effet papillon, imaginé par le météorologue américain Edward Lorenz qui, en 1972, a posé la fameuse question: «Le battement des ailes d’un papillon au Brésil déclenche-t-il une tornade au Texas?». L’idée dans cette image est qu’une cause minime peut avoir de grandes conséquences. Mais peut-on résumer la théorie du chaos d’une manière aussi simpliste? Une théorie scientifique peut-elle se contenter d’énoncés négatifs? Les mathématiciennes et les mathématiciens sont-ils responsables de la transmission inadéquate de cette théorie? Cette conférence s’appliquera à traiter de ces questions et, en particulier, à décrire le côté positif de la théorie. Car il y en a. En effet, il arrive que le chaos engendre une espèce d’ordre. Les systèmes chaotiques sont peut-être imprévisibles mais ils sont loin d’être incompréhensibles.
Le désordre, le hasard et les grands nombres (Laure Saint-Raymond)
Le désordre augmente de manière irréversible. Cette affirmation ne concerne pas forcément la chambre d’un enfant ni la marche du monde. Elle est l’énoncé du second principe de la thermodynamique, exprimé par le physicien Sadi Carnot en 1824. C’est un principe que l’on peut expérimenter tous les jours. Lorsqu’on verse du lait dans de l’eau, par exemple, les deux liquides se mélangent et ne restent pas séparés l’un de l’autre. Les billes à jouer contenues dans un sac ne vont pas s’aligner spontanément selon leur couleur mais se mêler de manière aléatoire. S’il est facile de mélanger deux gaz, il est quasi impossible de les séparer une fois réunis. Cet exposé propose d’étudier un modèle mathématique simple qui explique pourquoi nous pouvons observer un mélange spontané mais pas le phénomène inverse. Spoiler alert: la clé pour comprendre cette irréversibilité temporelle se trouve dans la théorie des probabilités et plus précisément dans la loi des grands nombre.
Un voyage mathématique De l’infiniment petit à l’infiniment grand (Martin Hairer)
Le monde minuscule des particules et des atomes et celui gigantesque de l’univers tout entier sont séparés par environ une quarantaine d’échelles de grandeur différentes. En passant de l’une à l’autre, les lois de la nature peuvent parfois se comporter de manière drastiquement différente, obéissant tantôt à la physique quantique, à la relativité générale, ou encore à la mécanique classique de Newton, sans parler des autres théories intermédiaires. Comprendre les transformations qui s’opèrent d’une échelle à l’autre est une des grandes questions classiques en mathématiques et en physique théorique. Cet exposé a pour objectif d’explorer comment ces questions informent et motivent encore des problèmes intéressants en théorie des probabilités et pourquoi des «toy models», malgré leur caractère superficiellement ludique, peuvent parfois conduire à certaines prédictions quantitatives.
La musique des formes (Alain Connes)
La physique quantique, en particulier la mécanique des matrices, a exercé une profonde influence sur les notions mathématiques d’espace géométrique. Cette conférence expliquera ce lien en traitant, entre autres, de «spectres» et de la «musique des formes». En effet, si les caractéristiques géométriques d’un instrument, par exemple, déterminent les sons qu’il peut produire, inversement la connaissance de la gamme et des accords produits par un objet suffisent à reconstruire sa forme. Cette propriété permet de caractériser les formes géométriques à partir d’invariants qui ne font pas référence à un système de coordonnées. La nouvelle géométrie qui en découle, illustrant le lien mathématique entre perception visuelle et auditive, est riche d’applications en physique, en particulier pour la gravitation et la physique quantique. Ce sera d’ailleurs aussi l’occasion de discuter de la signification des notions de variabilité et de l’émergence du temps.
Les mathématiques : art ou science ? (Stanislas Smirnov)
Les mathématiques sont une science étonnante et mystérieuse. Depuis l’époque de Platon, les philosophes se demandent si les objets mathématiques sont imaginaires ou réels, tandis que les mathématiciens et mathématiciennes démontrent des théorèmes, souvent sans s’interroger sur leur rapport à la réalité. En même temps, des pharaons d’Egypte et des rois de Babylone avaient déjà saisi l’importance pratique des mathématiques, sans parler des progrès technologiques recents reposant en grande partie sur des applications de notre science.
D’où viennent les mathématiques ? Comment les scientifiques choisissent-ils des problèmes à résoudre et pourquoi trouvent-ils les mathématiques si fascinantes ? Pourquoi la science « imaginaire » est si utile dans le monde réel ? Cet exposé ne parviendra pas à répondre à ces questions, mais essaiera de jeter un peu de lumière sur la recherche en mathématiques.
Bonus : une présentation par l'auteur du Radjaïdjah Blog sur le mathématicien Benoît Mandelbrot.
Enfin, ceux qui s'interrogent sur la finalité des maths pourront lire À quoi servent les maths ? (2015).
lundi 27 avril 2020
Par taz le lundi 27 avril 2020, 07:00 - Science
These results must be true, because, if they were not true, no one would have the imagination to invent them.
G.H. Hardy on Ramanujan
jeudi 2 avril 2020
Par taz le jeudi 2 avril 2020, 19:00 - Philo bistro
Comme il faut bien se détendre un peu, une courte histoire qui n'a rien à voir avec le Coronavirus, la Légende de Sissa. Elle a été écrite autour des années 1250 par Ibn Khallikan, un historien kurde qui vivait au sein de l'Empire Abbasside (aujourd'hui Irak).
À l'époque, le roi d'Inde, Shihram, était un sombre tyran qui opprimait constamment ses pauvres sujets. Or, l'un d'entre eux, Sissa fils de Dahir, inventa le jeu d'échecs pour le roi, dans le but de lui montrer qu'il avait besoin des autres pour le protéger et qu'il était donc important de prendre soin de tous ses sujets.
Le roi Shihram était si impressionné qu'il ordonna que le jeu d'échecs devait être conservé dans les plus grands Temples en tant que bijou national et merveille du monde, et enseigné partout. En particulier, c'était un excellent moyen d'entraîner les généraux à l'art de la guerre.
Le roi demanda à Sissa si celui-ci désirait une récompense pour cette fantastique invention. La légende dit que le sage Sissa déclina poliment, mais le roi insista.
Sissa apporta donc un échiquier vide et demanda au roi de déposer un grain de riz sur la première case, deux grains de riz sur la suivante, puis quatre sur la suivante, et ainsi de suite en doublant le nombre de grains de riz à chaque nouvelle case, jusqu'à avoir parcouru toutes les cases de l'échiquier. Le roi, surpris par la modestie apparente du cadeau demandé, donna immédiatement son accord tout en commentant qu'il aurait personnellement demandé bien plus. Il ordonna à ses esclaves d'apporter le riz nécessaire.
Tout se passa bien au début, toutefois le roi et ses conseillers furent surpris de voir qu'arrivés à la moitié de l'échiquier, la trente deuxième case demandait plus de quatre milliards de grains de riz, soit environ cent mille kilos. Le cadeau n'était donc pas si modeste, et Sissa semblait moins stupide. Un peu plus tard, le conseiller principal du roi lui expliqua que l'ensemble des récoltes de l'année et de toutes les années précédentes ne suffiraient pas à payer la récompense de Sissa[1].
[1] On pourrait nommer nombre de Sissa (Sissa number) le nombre de grains de riz requis, soit \( 1+2+4+...+2^{63} = \sum_{k=0}^{63} 2^{k} = 2^{64}-1 \).
mercredi 26 avril 2017
Par taz le mercredi 26 avril 2017, 19:00 - Jeux
Celles et ceux qui ont déjà posté un commentaire sur le Radjaïdjah Blog ont remarqué qu'ils avaient dû résoudre un petit problème de maths afin de valider l'envoi de leur message.
Ceci afin d'éviter le spam des commentaires par des robots. En effet, le serveur du blog compare le résultat entré par l'utilisateur avec la solution du problème mathématique, et en cas de discordance envoie le commentaire dans un vortex du cyberespace (/dev/null pour les intimes).
En vérité cette protection élémentaire contre le spam est assez facile à contourner.
La plupart des sites voulant s'assurer que l'utilisateur est humain ont recours à des CAPTCHAs (Completely Automated Program to Tell Computers from Humans Apart).
Toute personne dotée de l'esprit d'un programmeur a un jour voulu passer un CAPTCHA de façon automatisée.
Un entraînement à cela est offert via CAPTCHA me if you can, un défi où il s'agit de se poser les bonnes questions (et trouver les bonnes réponses) afin de coder la validation automatique d'un CAPTCHA élémentaire, comme par exemple :
Plus généralement, root-me propose de nombreux défis ayant trait à la sécurité informatique, répartis dans diverses catégories :
Entre analyser des ELF, décoder le traffic réseau, identifier des antécédents de hashs, utiliser parcimonieusement la mémoire pour insérer des overflows, trouver rapidement un terme lointain d'une suite récurrente, retrouver une image XORée, et bien plus encore, le site root-me, une plateforme d'apprentissage dédiée au hacking et à la sécurité de l'information propose une large palette d'exercices qui ravira petits et grands.
Un test de Turing est une catégorisation de comportement parmi deux groupes : humains et ordinateurs. Un CAPTCHA est ainsi suppposé être à même de valider la preuve d'un travail humain. Ce qui s'oppose à la preuve de travail informatique (proof of work) sous-jacente à la validation des blocs au sein du protocole Bitcoin, qui est basée sur l'idée du Hashcash, originalement conçu pour... la lutte anti-spam pour les e-mails.
lundi 30 janvier 2017
Par taz le lundi 30 janvier 2017, 19:00 - Jeux
Pour les amateurs de mathémagie, voici un tour présentant une certaine esthétique mathématique, qui ravira petits et grands.
Description (extraite du site Mayette Magie) :
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Le Magicien propose à un spectateur de faire une partie de Labyrinthe Magique.
Le Magicien montre une espèce de plan sur lequel il y a cinq points de départ, et cinq points d'arrivée.
Il demande au spectateur de choisir un point d'arrivée (le choix est complètement libre), qui sera le point d'arrivée du vainqueur.
Puis il lui demande de choisir les quatre points de départ qu'il va utiliser pour lui-même.
Le seul point de départ restant sera celui du Magicien.
Il est évident que le spectateur aura définitivement toutes les chances de gagner.
Le plan est déployé, et on constate qu'il n'y a aucun tracé entre le départ et l'arrivée.
Le Magicien sort alors quatre Cartes Labyrinthes.
Sur chaque carte, il y a des lignes qui se croisent. On demande au spectateur de disposer les cartes dans l'ordre, et dans le sens qu'il désire (aucun forçage, aucune influence d'aucune sorte), afin de relier les points de départ et d'arrivée de manière complètement aléatoire.
Enfin, le jeu peut commencer !
Le spectateur suit lui-même les lignes à partir de chacun de ses propres points de départ (ceux qu'ils a choisis pour lui-même). Il sera à chaque fois perdant !
La dernière ligne, celle que le spectateur a déterminé pour le Magicien, est la ligne gagnante !
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Et la démo vidéo.
Le défi du jour pour les lecteurs du Radjaïdjah Blog : comment ça marche ?
Ce petit tour vendu par le fabricant japonais Tenyo sous le nom de Magic Maze est une version modernisée de Light the Lamp (démo vidéo), apparu dans les années 70, où le but était cette fois d'allumer une ampoule.
Une fois que vous avez compris le principe, vous pouvez bien sûr fabriquer vos propres cartes, éventuellement avec plus où moins de points de départ et d'arrivée, et créer votre propre histoire (loterie, prédiction, chasse au trésor...). Cela peut être présenté comme un tour classique, ou un tour où le spectateur devient le magicien.
Ou même, pour ceux qui veulent gagner un peu d'argent ou un bisou, sous la forme d'un pari avec une ou plusieurs victimes :)
vendredi 30 septembre 2016
Par taz le vendredi 30 septembre 2016, 19:00 - Philo bistro
Devinette : à Paris, l'hôtel Richelieu possède 100 chambres, numérotées de 1 à 100, alignées le long d'un grand couloir. Chaque chambre est munie d'un interrupteur individuel permettant d'y allumer la lumière ou de l'éteindre. C'est la nuit, et toutes les chambres sont éteintes. À l'entrée du couloir se trouvent cent personnes. La personne n° 1 traverse le couloir et appuie sur tous les interrupteurs, changeant ainsi l'état de toutes les chambres. Puis la personne n°2 traverse le couloir et appuie sur un interrupteur sur deux, changeant ainsi l'état des chambres 2, 4, 6, etc. Ensuite, la personne n°3 vient appuyer sur un interrupteur sur trois, changeant l'état des chambres 3, 6, 9, 12, etc. Et ainsi de suite jusqu'à ce que la centième personne soit passée. Question : combien de chambres sont-elles allumées après le dernier passage ?
Sans transition, nous célébrons ce dimanche l'an 5777 du calendrier séléno-solaire hébraïque.
5777 est un nombre semi-premier, en tant que multiple de deux nombres premiers : 5777 = 109 * 53. Plus précisément, 5777 appartient :
La nouvelle année juive commémore non pas la création du monde, mais celle de l'homme.
שנה טובה ומתוקה
mercredi 21 septembre 2016
Par taz le mercredi 21 septembre 2016, 07:00 - Jeux
Il y a beaucoup de sites dont le but est de réaliser un parcours en résolvant des énigmes ou défis. Ouverture Facile en est un exemple pionnier, avec des énigmes en flash. De même Notpron, en anglais, est connu pour sa difficulté, avec seulement 0,0001% des joueurs qui ont fini les 140 niveaux.
Enigmatron est un autre site de ce genre made in Switzerland, où la plupart des énigmes sont de nature ludique et/ou scientifique (maths, logique, informatique, cryptographie...) et où une certaine capacité à faire des recherches pertinentes sur internet est requise.
Parfois il est utile d'essayer de se mettre à la place du créateur des énigmes pour comprendre le raisonnement sous-jacent à un problème.
Si vous êtes perdus face à une énigme, il y a un système d'indices pour vous aider, un forum, et il est même possible de demander de l'aide en commentaire sur cet article.
lundi 15 août 2016
Par taz le lundi 15 août 2016, 07:00 - Économie
Note : cet article est pour le moment plus une trame qu'autre chose, il sera mis à jour.
Une clef privée Bitcoin, c'est quoi ? C'est simplement un nombre de 256 bits. Il y a 2^256-1 c'est-à-dire environ 10^77 clefs privées. Tout nombre de 256 bits, c'est-à-dire tout nombre entre 0 et 2^256 (sauf 0), constitue une clef privée.
Le secret d'une clef privée est uniquement sa valeur. Donc, choisir une clef privée simple, c'est prendre le risque que quelqu'un la trouve et transfère les bitcoins susceptibles d'y être indexés.
Une clef privée "simple", c'est quoi ? Par exemple :
0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0000 0001 FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF FFFF
Disons, des clefs de faible entropie binaire.
Autre exemple : les brainwallets basiques[1]. Par exemple :
$ echo -n bitcoin|sha256sum|cut -d ' ' -f 1 6b88c087247aa2f07ee1c5956b8e1a9f4c7f892a70e324f1bb3d161e05ca107b $ echo -n monkey|sha256sum|cut -d ' ' -f 1 000c285457fc971f862a79b786476c78812c8897063c6fa9c045f579a3b2d63f
Disons, des hashs de mots du dictionnaire, rapides à inverser avec des rainbow tables. Le deuxième exemple a pour adresse 145d1kjpDo55zVWTUVphYXm8ovNfMw55Jn, qui a visiblement été utilisée.
brainflayer est un logiciel écrit par Ryan Castellucci, dont la tâche est de :
À titre d'exemple le court fichier example.hex
donné contient des clefs publiques de brainwallets générées simplement par sha256 de certains mots du dictionnaire anglais.
Les premiers tests de ce logiciel, effectués dans un but pédagogique, ont donné des résultats édifiants : Stealing bitcoin with maths.
Pour implémenter plus efficacement le concept de brainwallet, 3 éléments sont à prendre en compte :
Et c'est cette approche que suivent par exemple les warp wallets.
[1] Autre cas, un programmeur malintentionné d'un générateur d'adresses vanity (même hors-ligne) peut très bien s'arranger pour que les clefs privées des adresses engendrées soient facilement retrouvables, ne serait-ce qu'en scannant les clefs privées candidates à partir d'une clef quelconque qu'il connaît et que le programme utilise comme point de départ.
lundi 25 juillet 2016
Par taz le lundi 25 juillet 2016, 19:00 - Minute confiture
Vous cherchez un noeud solide pour vos chaussures, baskets, ou crampons ? Un article à lire si vos lacets se défont régulièrement.
Il y a en gros deux façons de faire un noeud classique de laçage de chaussures : une version solide et une version faible, topologiquement différentes.
Effectuez-vous la technique solide ? Nous allons essayer de répondre à cela de manière succinte. Le noeud de chaussure se fait essentiellement en 3 étapes : la demi-clef, la boucle, et l'enlaçage.
(Évidemment les plus informaticiens des lecteurs auraient trouvé plus simple de XORer.)
Si la conclusion est que vous effectuez la version faible, pas de problème ! Vous pouvez passer à la version solide en inversant une des trois étapes, celle de votre choix.
Comme le dit Terry Moore dans sa brève présentation à TED Comment lacer vos chaussures, dans la version solide, les boucles sont longitudinales (parallèles) à la direction des lacets, tandis que dans la version faible les boucles y sont transversales (perpendiculaires).
Un passionné de lacets, Ian Fieggen, explique comment aboutir à chacune des deux versions et analyse votre technique en profondeur grâce à un QCM en 10 étapes.
Techniquement, le noeud de lacet "solide" s'appelle noeud de rosette, variation doublement gansée du noeud plat (reef knot), tandis que le noeud de lacet "faible" est la variation doublement gansée du noeud de vache (ou noeud de ménagère), en anglais granny knot (noeud de mamie), obtenu en effectuant deux fois de suite la même demi-clef.
En bonus, Ian Fieggen vous propose de réaliser un noeud de chaussure ultra-rapide : le noeud de Ian (video), une méthode express pour obtenir un noeud de rosette solide avec des lacets de chaussure.
En mathématiques, ces considérations bassement pratiques relèvent de la branche appelée théorie des noeuds.
jeudi 24 septembre 2015
Par taz le jeudi 24 septembre 2015, 19:00 - Science
La nouvelle année donne l'occasion de rappeler que 2015 est l'année internationale de la lumière, qui a même son blog.
À ce propos, l'expérience de pensée dite paradoxe de l'échelle (ladder paradox[1]), en relativité restreinte, est la suivante :
« Un coureur très rapide court à 0,9c en portant sur son épaule une échelle de 10 mètres. Il doit traverser une grange de 10 mètres dont on peut fermer les deux portes opposées simultanément (par exemple par des faisceaux laser).
Du point de vue de l'observateur lié à la grange, l'échelle est très rétrécie dans le sens du parcours, et il sera facile de fermer les «portes» sans dommage un très bref instant quand l'échelle ainsi rétrécie sera dans la grange. Mais dans le système lié au coureur, c'est la grange elle-même qui est rétrécie dans le sens du parcours, et l'opération est impossible ! N'y a-t-il pas là une contradiction, puisqu'en relativité les phénomènes sont censés justement ne pas dépendre du repère depuis lequel on les observe ? »
Résolution qualitative de ce paradoxe : il y a effectivement une contradiction, mais c'est dans l'énoncé qu'elle se trouve : il s'agit de l'emploi du mot «simultanément» : ce qui est simultané dans un repère ne l'est pas dans un autre. Le coureur verra apparemment la porte 1 s'ouvrir, puis les deux portes rester ouvertes simultanément pour lui, et la seconde se fermer sans encombre derrière son passage.
Regardons une résolution plus quantitative du paradoxe.
Tout d'abord, la longueur de l'échelle dans la figure 2, \(d^G_{E}\) est égale à la longueur de l'échelle au repos \(d^0_{E}\) divisée par le facteur de Lorentz \(\gamma=\frac{1}{\sqrt{1-v^2/c^2}}\approx2,29\), soit environ \(4,36\,m\) si \(v=0,9c\) (contraction de la longueur propre décrite par les transformations de Lorentz). Il en est de même pour la distance entre les portes dans la figure 3, \(d^C_{P}=d^0_{P}/\gamma\).
On considère l'évènement « l'échelle rentre dans la grange » comme zéro spatio-temporel dans les deux référentiels.
Dans le référentiel G de la grange, la distance entre les portes est \(d^G_{P} = 10\,m\) et l'échelle mesure \(d^G_{E} \approx 4,36\,m\) ).
Conclusion 1 : dans le référentiel de la grange, le dernier échelon entre dans la grange avant que le premier échelon n'en sorte, donc un intervenant extérieur pourrait bien enfermer l'échelle dans la grange durant quelques nanosecondes (fermeture puis ouverture simultanées des deux portes), par exemple avec \(t^G_{1\downarrow}=t^G_{2\downarrow}:=t^G_{D\rightarrow} \approx 16\,ns\) et \(t^G_{1\uparrow}=t^G_{2\uparrow}:=t^G_{\rightarrow 1} \approx 37\,ns\).
Dans le référentiel C du coureur, la distance entre les portes est \(d^C_{P} \approx 4,36\,m\) et l'échelle mesure \(d^C_{E} = 10\,m\).
Conclusion 2a : dans le référentiel du coureur, le premier échelon sort de la grange avant que le dernier échelon n'y entre (inversion de l'ordre temporel des évènements), donc l'échelle est toujours plus longue que la grange.
Les évènements "la porte 1 se ferme", "la porte 2 se ferme", "la porte 1 s'ouvre", et "la porte 2 s'ouvre" ont pour coordonnées spatio-temporelles respectives dans le référentiel de la grange :
\( \left\{\begin{array}{ll} x^G_{1\downarrow}=0 \\ t^G_{1\downarrow}=t^G_{D\rightarrow} \approx 16\,ns \end{array}\right. \), \( \qquad \left\{\begin{array}{ll} x^G_{2\downarrow}=d^G_P=10\,m \\ t^G_{2\downarrow}=t^G_{D\rightarrow} \approx16\,ns \end{array}\right. \), \( \qquad \left\{\begin{array}{ll} x^G_{1\uparrow}=0 \\ t^G_{1\uparrow}=t^G_{\rightarrow 1} \approx 37\,ns \end{array}\right. \), \( \qquad \left\{\begin{array}{ll} x^G_{2\uparrow}=d^G_P=10\,m \\ t^G_{2\uparrow}=t^G_{\rightarrow 1} \approx 37\,ns \end{array}\right. \).
Examinons-les dans le référentiel C du coureur.
Conclusion 2b : du point de vue du coureur, la deuxième porte se ferme avant même que l'échelle ne rentre (il lui reste encore environ 9m avant d'atteindre la grange !), puis s'ouvre juste au moment où le premier échelon sort de la grange, tandis que la première porte se ferme juste quand l'échelle vient de la franchir, pour se réouvrir bien plus tard.
On retrouve l'idée de relativité de la simultanéité : pour le coureur les deux portes ne se ferment pas simultanément.
Pour finir, une horloge située dans la grange décompterait 21 secondes entre la fermeture simultanée des deux portes et leur ouverture, alors que le coureur voit 48 secondes (\(\gamma\) fois plus) s'écouler entre la fermeture de la première porte et son ouverture, ou entre la fermeture de la seconde porte et son ouverture. Cela illustre le phénomène de dilatation du temps : le coureur voyant 48 secondes passer sur sa montre observerait l'horloge de la grange n'avancer que de 21 secondes, comme au ralenti. Réciproquement un observateur dans la grange verrait également la montre du coureur tourner au ralenti. L'équivalent temporel du paradoxe de l'échelle est le paradoxe des jumeaux, ou paradoxe de Langevin, déjà évoqué dans l'article sur l'âge du monde.
Question subsidiaire : que se passe-t-il si les portes sont maintenues fermées ?
Références : E. F. Taylor & J.A. Wheeler, Spacetime Physics (problème 5-4), Ladder Paradox, The Pole-Barn paradox.
[1] appelé également Pole-Barn paradox (paradoxe perche-grange).
vendredi 11 septembre 2015
Par taz le vendredi 11 septembre 2015, 07:00 - Jeux
Voici un rite ésotérique qui va vous prédire le vainqueur du championnat de France de foot (ligue 1) de cette saison 2015/2016. Pour mémoire, les vingt clubs engagés sont : GFC Ajaccio, Angers SCO, SC Bastia, Girondins de Bordeaux, SM Caen, EA Guingamp, Lille OSC, FC Lorient, Olympique Lyonnais, Olympique de Marseille, AS Monaco, Montpellier HSC, FC Nantes, OGC Nice, Paris-SG, Stade de Reims, Stade Rennais, AS Saint-Etienne, Toulouse FC, ES Troyes Aube Champagne.
Allez-vous tomber sur un club aléatoire ?
Ce tour footballistique est une variante du mystère international concocté par Max Maven (Phil Goldstein), un pionnier et spécialiste de la magie interactive.
Max Maven a par ailleurs produit en 1998 une émission pédagogique, MAXimum Dimension, destinée à montrer une facette ludique des mathématiques aux 7-11 ans, à travers des défis et énigmes. Un des ex-acteurs a uploadé quelques épisodes, le pilote permet de revivre le côté old-school de la télé à l'époque.
lundi 17 août 2015
Par taz le lundi 17 août 2015, 07:00 - Voyages
Près d'une station d'essence de la banlieue de Mataram (Lombok, Indonésie), se trouve un orphelinat dont les activités sont consacrées aux enfants locaux ayant perdu parents ou repères.
Vers cet endroit vit un ancien boucher surnommé "Mr Ahmad" dont une occupation annexe consiste à prodiguer des massages tonifiants.
Jeu : si un lecteur peut retrouver en quoi précisément consiste un cadeau ludique ayant été offert aux enfant dudit orphelinat il y a environ deux ans, il pourra remporter 1 bitcoin, soit environ 230 €. Réponses possibles par message privé.
Bonne chance !
jeudi 6 août 2015
Par taz le jeudi 6 août 2015, 07:00 - Science
Les problèmes importants auxquels nous faisons face ne peuvent être résolus au même niveau de pensée que celui qui les a engendrés.
Albert Einstein[1]
Avec l'hypothèse de Riemann et la conjecture de Goldbach, un des problèmes ouverts les plus célèbres en mathématiques est la conjecture de Syracuse, due à Lothar Collatz au début du XXe siècle.
Soit n un nombre entier. On lui applique l'opération suivante : s'il est pair, on le divise par deux, s'il est impair on le multiplie par trois et on lui ajoute un. On réitère successivement ce traitement sur le résultat, générant ainsi la n-ième suite de Syracuse. La 7-ième suite de Syracuse est ainsi 7, 22, 11, 34, 17, 52, 26, 13, 40, 20, 10, 5, 16, 8, 4, 2, 1, 4, 2, 1,...
La conjecture de Syracuse fait état que chaque suite de Syracuse aboutira tôt ou tard au cycle 4, 2, 1. Mais elle a résisté jusqu'à présent à toute démonstration. Le mathématicien hongrois Paul Erdős a dit à propos de cette hypothèse : « les mathématiques ne sont pas encore prêtes pour de tels problèmes ».
Une autre famille de suites dont les termes peuvent monter très haut avant de redescendre a été inventée par le mathématicien britannique Reuven Goodstein en 1944.
Tout entier n possède une unique décomposition en base b : \(n = \Sigma k_i · b^i\), où \(b\) est la base et les \(k_i\) sont les chiffres ; ainsi en base 2 : \(266 = 2^8 + 2^3 + 2^1\). La n-ième suite faible de Goodstein est définie de la façon suivante : à partir de la représentation binaire de n, qui constitue le premier terme, le second terme est obtenu en incrémentant la base de 1 et en retranchant 1 au résultat. Les termes suivants sont construits de façon analogue, en réécrivant au besoin le terme dans la base en cours (cf \(n_4\) ci-dessous) qui est par la suite incrémentée avant de soustraire 1 du résultat s'il est non nul. Les premiers termes de la 266-ième suite faible de Goodstein sont donc :
\(n_0 = 2^8 + 2^3 + 2^1 = 266\)
\(n_1 = 3^8 + 3^3 + 2 = 6 590\)
\(n_2 = 4^8 + 4^3 + 1 = 65 601\)
\(n_3 = 5^8 + 5^3 = 390 750\)
\(n_4 = 6^8 + 6^3 − 1 = 6^8 + 5 · 6^2 + 5 · 6^1 + 5 = 1 679 831\)
\(n_5 = 7^8 + 5 · 7^2 + 5 · 7^1 + 4 = 5 765 085\)
Bien que les premiers termes croissent rapidement, cette suite est à support fini, c'est-à-dire qu'il existe un rang à partir duquel tous les termes deviennent nuls, et c'est en fait le cas pour toutes les suites faibles de Goodstein. C'est le fait de retrancher 1 à chaque étape qui finit par l'emporter sur l'incrémentation de la base.
Contrairement à la conjecture de Collatz, la convergence des suites faibles de Goodstein est simple à démontrer. Intuitivement, à chaque terme d'une suite peut être associé un polynôme de \(\mathbb{N}[X]\) dont les coefficients sont les chiffres de la représentation du terme. Ainsi pour la 266-ème suite de Goodstein, la suite de polynômes est :
\(P_0 = X^8 + X^3 + X^1\)
\(P_1 = X^8 + X^3 + 2\)
\(P_2 = X^8 + X^3 + 1\)
\(P_3 = X^8 + X^3\)
\(P_4 = X^8 + 5 · X^2 + 5 · X^1 + 5\)
\(P_5 = X^8 + 5 · X^2 + 5 · X^1 + 4\)
Cette correspondance, où pour chaque terme la base d'écriture est remplacée par une indéterminée, met en lumière une suite de polynômes qui décroît au sens lexicographique dans \(\mathbb{N}_8[X]\), un ensemble bien ordonné, donc converge, la seule limite possible respectant ce processus étant le polynôme nul.
La représentation complète d'un nombre n en base b est un peu plus complexe : comme précédemment, n est écrit comme somme de puissances de b, mais la même opération est effectuée avec les exposants, avec les exposants des exposants, et ainsi de suite jusqu'à obtenir une écriture stable.
Ainsi \(266 = 2^8 + 2^3 + 2^1 = 2^{2^{2+1}} + 2^{2+1} + 2^1\).
On peut à présent définir les suites de Goodstein.
Soit n un entier naturel. La n-ième suite de Goodstein est construite de la façon suivante :
\(n_0\) est la représentation complète de \(n\) en base 2
\(n_1\) est obtenu à partir de \(n_0\) en remplaçant tous les 2 par des 3, et en retranchant 1
\(n_2\) est obtenu à partir de \(n_1\) en remplaçant tous les 3 par des 4, et en retranchant 1
Soit, pour n = 266 :
\(n_0 = 2^{2^{2+1}} + 2^{2+1} + 2^1 = 266 \)
\(n_1 = 3^{3^{3+1}} + 3^{3+1} + 3^1 − 1 = 3^{3^{3+1}} + 3^{3+1} + 2 = 443 426 488 243 037 769 948 249 630 619 149 892 886 \approx 10^{38} \)
\(n_2 = 4^{4^{4+1}} + 4^{4+1} + 1 \approx 10^{616}\)
\(n_3 = 5^{5^{5+1}} + 5^{5+1} \approx 10^{10921}\)
\(n_4 = 6^{6^{6+1}} + 6^{6+1} − 1 = 6^{6^{6+1}} + 5 · 6^6 + 5 · 6^5 + 5 · 6^4 + 5 · 6^3 + 5 · 6^2 + 5 · 6^1 + 5 \approx 10^{217 832}\)
\(n_5 = 7^{7^{7+1}} + 7^{7+1} − 1 = 7^{7^{7+1}} + 5 · 7^7 + 5 · 7^5 + 5 · 7^4 + 5 · 7^3 + 5 · 7^2 + 5 · 7^1 + 4 \approx 10^{4 871 822}\)
Théorème (Goodstein) : les suites de Goodstein sont à support fini.
De même que les suites faibles de Goodstein, les suites de Goodstein finissent par s'annuler. Mais le processus est long : la 4-ième suite de Goodstein s'annule après la \(3·2^{402 653 211}-3\)-ème étape (un nombre à plus de 121 millions de chiffres).
L'idée de démonstration est similaire à celle des suites faibles, mais au lieu de polynômes, une correspondance pourra être établie avec une suite d'ordinaux, la base étant substituée par \(\omega\) (le premier ordinal limite).
Pour n = 266 :
\(\beta_0 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + \omega^{\omega+1} + \omega^1 \)
\(\beta_1 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + \omega^{\omega+1} + 2 \)
\(\beta_2 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + \omega^{\omega+1} + 1 \)
\(\beta_3 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + \omega^{\omega+1} \)
\(\beta_4 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + 5 · \omega^\omega + 5 · \omega^5 + 5 · \omega^4 + 5 · \omega^3 + 5 · \omega^2 + 5 · \omega^1 + 5 \)
\(\beta_5 = \omega^{\omega^{\omega+1}} + 5 · \omega^\omega + 5 · \omega^5 + 5 · \omega^4 + 5 · \omega^3 + 5 · \omega^2 + 5 · \omega^1 + 4 \)
Cette suite d'ordinaux est strictement décroissante et donc converge vers le seul élément possible : l'ordinal nul, et il en est de même pour les suites de Goodstein.
À la différence de la convergence des suites faibles de Goodstein, le théorème de Goodstein ne peut être prouvé dans le cadre de l'arithmétique du premier ordre (ou arithmétique de Peano) ; cela a été démontré en 1982 par Kirby et Paris. Toute preuve nécessite de sortir du cadre de l'arithmétique, comme le fait celle basée sur les ordinaux (il apparait ainsi que les ordinaux, grâce à leur bon ordre structurel, peuvent servir à établir la terminaison d'un processus). Le théorème de Goodstein est donc un exemple de proposition de l'arithmétique de Peano vraie mais improuvable en son sein, et constitue une illustration d'énoncé arithmétique indécidable tel que prédit par le premier théorème d'incomplétude de Gödel.
Sources et références (en anglais) :
Reuven L. Goodstein, On the restricted ordinal theorem (1944) - article séminal
Laurie Kirby, Jeff Paris, Accessible Independence Results for Peano Arithmetic (1982) - démonstration de la non-prouvabilité du théorème de Goodstein au sein de l'arithmétique de Peano et introduction du jeu de l'hydre
Bernard G. Hodgson, Herculean or Sisyphean tasks? - article de vulgarisation soulignant que l'annulation des suites de Goodstein est une tâche herculéenne et non sisyphéenne
Michèle Artigue, Ferdinando Arzarello, Susanna Epp, Goodstein Sequences: The Power of a Detour via Infinity - article de vulgarisation
[1] The significant problems we face cannot be solved at the same level of thinking we were at when we created them. Il est difficile de remonter à la source exacte de cette phrase -ou des variantes-, souvent attribuée à Einstein.
vendredi 1 mai 2015
Par taz le vendredi 1 mai 2015, 07:00 - Philo bistro
La légende raconte qu'à un congrès de physique un quidam interpella le mathématicien Henri Poincaré en ces termes :
"Mais enfin Monsieur Poincaré, vos mathématiques, là, à quoi servent-elles ?"
Question à laquelle le mathématicien avait répondu par :
"Et vous, Monsieur, à quoi servez-vous ?"
un peu dans l'esprit de ce commentaire.
Alors, de même qu'on peut se demander à quoi sert l'humour, on peut également poser la question : à quoi servent les mathématiques ?
Après tout, qui a après le lycée réutilisé dans sa vie un compas ?
Comme le note Neal Koblitz dans son essai sur la relation compliquée entre mathématiques et cryptographie, le grand Hardy n'écrivait-il pas en 1940[1] :
« À la fois Gauss et de moindres mathématiciens peuvent se réjouir qu'il y ait une science [la théorie des nombres] qui de toutes façons, et selon eux, devrait rester éloignée des activités humaines ordinaires, et rester noble et propre. »
La cryptographie est par la suite venue remettre en question l'inutilité présupposée de la théorie des nombres.
Lors de la dernière Saint-Patrick (17 mars) avait lieu en Suisse une conférence sur le thème de l'utilité des mathématiques. Vaughan Jones (médaille Fields 1990) a parlé de noeuds, tresses, groupes, et kitesurf. Stanislav Smirnov (médaille Fields 2010) a parlé d'ordre, d'irrégularité, de fractales, et de percolation. Martin Hairer (médaille Fields 2014) a parlé des cours de la bourse et de Tétris. Pour ceux qui ont raté ça, la conférence est disponible en ligne.
Pour finir, il est intéressant de mentionner le TEDx talk de Eduardo Sáenz de Cabezón : Math is forever.
En conclusion, les maths sont moins inutiles que ce que l'on pourrait croire, et lorsqu'elles sont inutiles, elles sont belles.
[1] C'est une citation souvent tronquée, et Hardy voulait plutôt dire le contraire, il écrivait en effet : But here I must deal with a misconception. It is sometimes suggested that pure mathematicians glory in the uselessness of their work, and make it a boast that it has no practical applications. The imputation is usually based on an incautious saying attributed to Gauss, to the effect that, if mathematics is the queen of the sciences, then the theory of numbers is, because of its supreme uselessness, the queen of mathematics—I have never been able to find an exact quotation. I am sure that Gauss’s saying (if indeed it be his) has been rather crudely misinterpreted. If the theory of numbers could be employed for any practical and obviously honourable purpose, if it could be turned directly to the furtherance of human happiness or the relief of human suffering, as physiology and even chemistry can, then surely neither Gauss nor any other mathematician would have been so foolish as to decry or regret such applications. But science works for evil as well as for good (and particularly, of course, in time of war); and both Gauss and less mathematicians may be justified in rejoicing that there is one science at any rate, and that their own, whose very remoteness from ordinary human activities should keep it gentle and clean.
Godfrey H. Hardy, A Mathematician Apology (1940), p. 33.
mercredi 4 février 2015
Par taz le mercredi 4 février 2015, 19:00 - Science
Dans la Bible (Rois I,7,23), il est marqué, parlant d'une grande bassine en fonte construite par Hiram de Tyr pour le roi Salomon (traduction du rabbinat français sous la direction du grand rabbin Zadoc Kahn) : Parfaitement circulaire, elle avait dix coudées d'un bord à l'autre, et cinq coudées de hauteur ; une ligne de trente coudées en mesurait le tour.
Comme évoqué dans l'article l'âge du monde : science vs torah, on voit là que pour l'auteur de ce passage du récit biblique, \(\pi =3\).
Bon, en admettant que ce soit un arrondi, si l'auteur avait eu une connaissance un peu plus précise de \(\pi\), il aurait mesuré la circonférence à trente-et-une coudées, et non trente. À moins bien sûr que ce soit le diamètre qui soit arrondi de 30/\(\pi\) coudées à 10. En tout état de cause, ces estimations ne sont pas très précises pour un texte divin.
Selon Rav M. Bitton, la connaissance sur la précision de \(\pi\) est en réalité subtilement dissimulée dans le texte, puisque dans le verset le mot קו (numériquement : 106) est écrit suivant une variante orthographique קוה (numériquement : 111), et 111 / 106 * 3 = 3.1415094..., soit \(\pi\) à la quatrième décimale près.
M. Bitton souligne ensuite que \(\pi\) est extrêmement problématique et fantasmatique car on n'a pas encore réussi à l'exprimer comme rapport de deux entiers. Pas encore.
Et en fait, pour faire gagner du temps à M. Bitton, on n'y arrivera jamais. Car :
\(\pi \notin \mathbb{Q}\)
ce qui signifie que \(\pi\) ne peut pas être exprimé comme fraction de deux nombres entiers. En mathématiques, on nomme cette propriété d'un nombre irrationnalité.
D'après Rav Wikipédia, Al-Khawarizmi, au IXe siècle, est persuadé que \(\pi\) est irrationnel. Moïse Maïmonide fait également état de cette idée durant le XIIe siècle.
La preuve en fut finalement apportée en 1767 par le mathématicien Johann Heinrich Lambert dans son article « Mémoire sur quelques propriétés remarquables des quantités transcendentes circulaires et logarithmiques », dont la première phrase est : Démontrer que le diamètre du cercle n'est point à la circonférence comme un nombre entier à un nombre entier, c'est là une chose dont les géomètres ne seront guère surpris.
En voici une démonstration moderne et élégante, due à Ivan Niven en 1946.
Supposons que \(\pi\) puisse s'écrire comme rapport de deux nombres entiers : \(\pi=a/b, (a,b) \in \mathbb{N}^2\).
Pour tout entier naturel \(n\) on définit les polynômes :
\(P_n(X)=\frac{X^n(a-bX)^n}{n!}\)
et
\(F_n(X)= P_n(X) - P_n^{(2)}(X) + P_n^{(4)}(X) - ... + (-1)^n P_{n}^{(2n)}(X) \)
où \(^{(k)}\) dénote la dérivée k-ième d'une fonction.
Clairement \(n! P_n(x)\) est une fonction polynômiale à coefficients entiers et non nuls pour les termes de degrés compris entre \(n\) et \(2n\). Donc ses dérivées successives \(P_n^{(k)}(x)\) ont des valeurs entières en \(x=0\), ainsi qu'en \(x=\pi=a/b\), puisque \(P_n(x) = P_n(a/b-x)\).
Un calcul simple montre que :
\(\begin{equation}\frac{d}{dx} [ F'_n(x) \sin x - F_n(x) \cos x ] = F''_n(x) \sin x +F_n(x) \sin x = P_n(x) \sin x \end{equation}\)
et donc que :
\( \begin{equation}\label{1} \mathrm{(1)} \int_0^\pi P_n(x) \sin x = [ F'_n(x) \sin x - F_n(x) \cos x ]_0^\pi = F_n(\pi) +F_n(0) \end{equation}\).
Or comme \(P_n^{(k)}(\pi)\) et \(P_n^{(k)}(0)\) sont entiers, \(F_n(\pi) +F_n(0) \) doit l'être aussi. Mais en vertu de la définition de \( P_n(X) \), pour \( 0 \lt x \lt \pi \) :
\( \begin{equation} 0\lt P_n(x) \sin x \lt \frac{\pi^n a^n}{n!}\end{equation} \)
donc l'intégrale dans (1) est positive mais arbitrairement petite pour n assez grand. Conséquemment l'équation (1) est fausse, de même dès lors que l'hypothèse de départ de la rationnalité de \(\pi\). QED.
En conclusion, la torah a été sage de ne pas chercher trop loin un quotient de deux entiers pour indiquer le rapport exact entre la circonférence du bassin et son diamètre !
mardi 10 juin 2014
Par taz le mardi 10 juin 2014, 19:00 - Jeux
Avec l'avènement des cryptodevises décentralisées ont naturellement émergé des casinos en ligne tels Satoshi Dice (un site pionnier qui a rapporté une petite fortune à son fondateur), Just Dice, ou Prime Dice. Une liste de casinos basés sur le bitcoin peut être trouvée sur Bitcoin Dice (on y trouve notamment Every Dice, Dice Coin, Bitcoin Video Casino, Ice Dice, Satoshi Bones, Play Tin, Lucky Hash, Betcoin Dice, Dice Now, Bitoomba Dice, BitBattle.me, Jackpot Dice, SuperDICE, Mystery Dice, etc).
Ces casinos sont des paradis pour les partisans du libertarianisme, car : pas de contrôle à l'entrée, pas de personnes interdites de casino, pas de contrôle d'alcoolémie ou de dopage, pas de demandes de provenance de l'argent servant à payer les jetons... des no man's lands juridiques où les croupiers et les joueurs sont livrés à eux-mêmes.
Un joueur peut choisir un gain relatif à la mise (et le site y associera une probabilité de gagner) ou une probabilité de gagner (et le site y associera un gain relatif à la mise). Des jeux très simples basés sur un tirage au sort uniforme octroient un résultat et y associent une perte ou un gain.
Ces sites sont bien plus attractifs que les casinos classiques, proposant un avantage pour la maison (House edge) aux alentours de 1%, bien inférieur aux casinos classiques (par exemple 2,7% pour la roulette européenne et 5,3% pour la roulette américaine).
Les adeptes de martingales y trouvent leur compte, ou pas. À court terme les hauts gains sont possibles, si le joueur sait s'arrêter ; à long terme les risques associés aux lois des séries (distributions de Taleb) sont rédhibitoires pour les joueurs et profitables au casino. La maison gagne toujours.
Full disclosure : l'auteur est un investisseur de Just Dice (Mise à jour juillet 2014 : l'auteur était un investisseur, le site ayant depuis fermé suite à des innovations de la législation canadienne. Les bons temps sont derrière nous).
lundi 31 mars 2014
Par taz le lundi 31 mars 2014, 07:00 - Économie
Michael Nielsen a récemment vulgarisé le fonctionnement du protocole bitcoin dans un article certes un peu technique mais néanmoins très didactique.
Cette entrée va tenter d'expliquer le principe d'un porte-monnaie papier pour les bitcoins, support physique qui peut sembler à première vue paradoxal pour une monnaie électronique.
Une adresse bitcoin est comme une boite aux lettres : tout le monde peut y déposer des sous mais seuls ceux qui ont la clef de la boite peuvent en retirer[1]. Par exemple l'adresse bitcoin de ce weblog est 1radjaJx4P2GNuxv58PMjE6GJZscZX9um .
Mais il s'agit d'une boite aux lettres transparente. Son contenu, et même le détails des transactions entrées/sorties de bitcoins, sont en effet publics, consultables sur la block chain. En ce sens, il est souvent possible de tracer les transactions et de reconstituer le trajet des pièces virtuelles d'adresse en adresse, d'autant plus que des outils systématiques de visualisation des flux comme Quantabytes commencent à être développés. Voilà pourquoi le réseau n'est pas anonyme.
Pour être à même de retirer de l'argent d'une boîte, il faut disposer de sa clef privée. Autrement dit le titulaire d'un compte en bitcoins possède un couple adresse publique / clef privée qu'on pourrait comparer à un couple IBAN / code secret pour accéder à son compte en ligne pour un compte en banque. Techniquement clef privée et adresse publique sont générées simultanément lors de la création d'un nouveau compte (ou porte-monnaie) bitcoin.
Mathématiquement un porte-monnaie est un couple (adresse publique, clef privée). Il s'agit donc de deux nombres. Un porte-monnaie permet de stocker des bitcoins grâce à son adresse publique, et d'en retirer grâce à sa clef privée. En pratique un porte-monnaie peut se matérialiser de différentes manières.
Le stockage à chaud (hot storage) décrit essentiellement les porte-monnaies en ligne : la clef privée est stockée sur internet. De nombreux site internet (par exemple coinbase) proposent des porte-monnaies en ligne.
Le stockage à froid (cold storage) de bitcoins consiste à entreposer ses bitcoins sur un support déconnecté d'internet. Alors que la boite aux lettres est toujours présente sur le réseau décentralisé, la clef privée est stockée sur un support physique (clef USB, papier) hors-ligne.
À l'heure où les piratages et vols de bitcoins sont légion, Alice peut légitimement se dire que garder les informations de son porte-monnaie hors-ligne est plus sûr pour éviter de perdre ses bitcoins. Elle peut donc se créer un porte-monnaie papier, c'est-à-dire un compte bitcoin où adresse publique et clef privée sont imprimées sur une feuille de papier.
Pour cela, Alice va générer un couple de nombres compatibles avec la spécification mathématique d'un porte-monnaie bitcoin, et va les imprimer, tout simplement. Cela peut tout à fait être fait hors-ligne, c'est uniquement lorsque des bitcoins seront stockés sur ce porte-monnaie que le porte-monnaie naîtra dans le réseau. Alice prendra quelques précautions pour s'assurer de l'unicité de la clef privée et ne pas la perdre, auquel cas elle n'aurait plus moyen de récupérer ses précieux bitcoins...
Historiquement les premiers bitcoins physiques furent les Casascius coins. Les 8 premiers chiffres de l'adresse publique sont gravés sur l'avers de la pièce et permettent d'accéder à l'adresse publique complète sur une liste d'adresses publiques Casascius. La clef privée est transcrite sur le revers de la pièce et protégée par un hologramme.
En pratique, plutôt que des nombres, Alice préfèrera imprimer une représentation graphique de ces nombres : des QR codes. Cela lui facilitera la vie pour les transactions, car les QR codes peuvent être facilement convertis en nombres par les smartphones munis d'une caméra et d'un logiciel adéquat (par exemple mycelium).
De nombreux sites proposent la création de porte-monnaie papier, comme bitaddress, ou Bitcoin Paper Wallet.
Ci-dessus, l'image d' un porte-monnaie papier à imprimer généré par bitaddress : à gauche, le QR code public pour charger des bitcoins et consulter le solde, à droite le QR code privé pour en retirer.
Maintenant, supposons qu'Alice veuille donner 1 bitcoin (฿) à Bob. Comment faire ?
(À suivre : chiffrement de la clef privée d'un porte-monnaie papier via BIT38, et fragmentation d'une clef privée avec l'algorithme de distribution de Shamir.)
[1] C'est l'idée qui sous-tend le principe du chiffrement asymétrique (El-Gamal, RSA, Diffie-Hellman...).
lundi 20 janvier 2014
Par taz le lundi 20 janvier 2014, 07:00 - Jeux
Après 5 jeux en Flash, 5 jeux à thème plus ou moins scientifique, pour la plateforme Android.
Trop fun la science !
vendredi 26 juillet 2013
Par taz le vendredi 26 juillet 2013, 07:00 - Science
Certaines prédictions et performances magiques sont réalisées avec des cartes Zener[1].
Un jeu de cartes Zener est composé de cinq fois cinq cartes représentant un motif pouvant être associé à un chiffre entre 1 et 5 : le cercle (une boucle), une croix (deux segments perpendiculaires), une vague (troits traits ondulés), un carré (quatre côtés), et une étoile (5 branches).
Certains magiciens se sont demandés s'il existait un ordre intéressant pour présenter un paquet de cartes Zener.
Et il y en a au moins un : en enlevant une carte étoile, on a 24 cartes qui peuvent être rangées de façon à ce que 2 cartes consécutives indiquent de façon déterministe l'identité de la suivante, de manière cyclique (invariante par coupe)[2].
\(1~1~4~5~3~1~3~3~2~5~4~3~4~4~1~5~2~4~2~2~3~5~1~2\)
Evidemment n'importe quelle permutation des symboles conserve la propriété mais celle-ci présente l'avantage que la formule donnant le chiffre à apparaître en fonction des deux précédents est très simple, il suffit de doubler modulo cinq leur somme :
\(U_n = 2 * (U_{n-2} + U_{n-1})~mod~5\)
où dans la suite, le symbole \(5\) dénote le zéro.
En ipython, le chiffre à venir est ainsi donné par :
(_+__) * 2 % 5
Autrement dit, il s'agit de la suite de Fibonacci doublée dans \(\bf{Z}_5\).
Sur les 25 éléments de \(\bf{Z}_5 \times \bf{Z}_5\), le seul couple absent de la suite est \( (5,5) \), neutre. Les quatre autres \( (n,n) \) sont équirépartis.
Cette suite à valeurs dans un corps fini semble avoir été découverte par le magicien Richard Osterlind qui cherchait à fabriquer un stack Zener d'aspect aléatoire, dans son livre The Very Modern Mindreader. Par son caractère cyclique il est tentant de lui attribuer le nom de "cercle d'Osterlind".
Pour ne pas trop dévoiler de magie, qui est une discipline ornée de ses mystères, les tours pouvant être créés à partir de ce cercle sont laissés à l'imagination des visiteurs.
[1] Ces cartes, inventées par Joseph Rhine, également appelées cartes ESP, pour exstrasensory perception (perception extrasensorielle, i.e paranormale). Évidemment les adeptes du New Age en sont férus.
[2] Note : Le CDN de MathJax a changé, pour cette raison la connexion externe à cloudfront.net annoncée dans l'article sur les bénéfices de sortir couvert est à ce jour remplacée par une connexion externe SSL à rackcdn.com .
mardi 23 avril 2013
Par taz le mardi 23 avril 2013, 07:00 - Jeux
Après Cédric Villani il y a un mois, un prof de prépa, Jean-Hervé Cohen, se fait le grand prêtre des énigmes mathématiques du journal Le Monde et lance comme défi de trouver une stratégie gagnante à un jeu basé sur des allumettes[1]. Des allumettes formant le mot espagnol HOY (aujourd'hui) sont disposées sur une table ; le H est constitué de 5 allumettes, le O de 6, et le Y de 4[2] Deux joueurs s'affrontent, en retirant chacun leur tour un nombre non nul d'allumettes à une même lettre du mot, et le gagnant est celui qui prend la dernière allumette. Alors, a-t-on intérêt à commencer ou pas ? Et comment gagner ?
Questions ou commentaires bienvenus.
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